La Nation Bénin...
Bien avant que le soleil ne perce la brume matinale sur le boulevard de la Marina, la fête avait déjà commencé. Ce samedi 1er août, dès les premières heures, des milliers de Béninois affluaient de tous les quartiers de Cotonou et des communes environnantes vers l’esplanade de l’Amazone. Une marée humaine, drapeaux au vent, chants patriotiques aux lèvres, prête à vivre la1re célébration du 1er août de l’ère Romuald Wadagni. Le pays célébrait le 66? anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, et l’on sentait, dans l’air, quelque chose d’un renouveau.
« Je suis arrivée à cinq heures du matin pour avoir une bonne place. Ce défilé, je ne voulais le manquer pour rien au monde. C’est le premier de notre nouveau président », raconte, radieuse, Georgette Ahoyo, revendeuse au marché Dantokpa, installée aux premières loges avec ses voisines.
À l’heure dite, le président de la République a procédé au dépôt de gerbe au Monument aux Dévoués, dans les jardins de Mathieu, un hommage solennel aux fils et filles du Bénin ayant servi la patrie. Puis, à bord du véhicule de commandement, il a passé les troupes en revue, accueilli par douze coups de canon et une ovation de la tribune officielle. « L’entrée du président a donné des frissons. Cette prestance, cette autorité tranquille, c’est l’image d’un chef de l’État à la hauteur », commente Wilfried Dossou-Yovo, cadre administratif, visiblement impressionné.
Le défilé pouvait commencer. Sous la conduite du colonel Claude Raoul Djehoungo, les trente-six pelotons pédestres et les quarante-sept véhicules se sont succédé dans une synchronisation qui a arraché des cris d’admiration. « Chaque pas était calculé, chaque mouvement parfait. Nos soldats étaient magnifiques. On était fiers, tout simplement fiers », s’émeut Reine Agossou, coiffeuse venue avec ses enfants.
Le passage des composantes féminines de la Police républicaine et des forces armées aura provoqué une salve d’applaudissements. « Ces femmes défilaient avec tant de dignité. C’est la modernité que le président Wadagni veut pour le Bénin. Une armée où chacun a sa place », observe Modeste Kpahoun, professeur de lycée, ravi.
Les cuivres, eux, n’auront cessé de faire vibrer la Marina. Entre la fanfare de la Police républicaine et l’escadron de musique des armées, la matinée aura alterné solennité et réjouissance. « La musique donnait une énergie folle. On chantait, on applaudissait. C’était une vraie fête », se félicite Prince Djossou, jeune apprenti, téléphone brandi pour immortaliser l’instant.
Mais le sommet de l’émotion aura été atteint au passage du détachement nigérian. Les soldats d’Abuja, exécutant leurs figures aux côtés des troupes béninoises, ont soulevé les hourras d’un public conquis. «Ce moment était grandiose. Voir nos deux armées ensemble, c’est un symbole de force et de fraternité. Le président a bâti cette alliance et on la ressent », s’enthousiasme Karim Bio Sanni, transporteur venu de Parakou.
La cérémonie aura aussi été marquée par une charge symbolique forte. Dans la tribune officielle, la présence conjointe des anciens présidents Boni Yayi et Patrice Talon, et pour la première fois celle des nouveaux sénateurs, aura offert une image saisissante de continuité institutionnelle et de décrispation. « Voir nos anciens présidents réunis, c’est le signe d’un pays réconcilié. Le président Wadagni a ramené l’apaisement, et le peuple lui en est reconnaissant », analyse Aurélie Sènou, juriste, présente dans l’assistance.
Tout au long de la matinée, la ferveur populaire n’aura jamais faibli. Les hommages aux troupes engagées sur le front nord auront donné lieu à des ovations particulièrement chaleureuses. « On applaudit nos héros. Ceux qui veillent sur le nord pour que nous dormions en paix. Merci à eux, merci au président », lance, la main sur le cœur, Sébastien Aholou, chauffeur de taxi.
À l’heure du bilan, un sentiment dominait sur la Marina : celui d’avoir vécu un moment d’unité nationale. « Ce défilé, c’était bien plus qu’une parade.
C’était le Bénin uni autour de son président, fier de son armée, confiant dans son avenir », résume Christelle Vodounnou, étudiante, encore émue.
En imprimant à ce 1er août le sceau de la cohésion, de la modernité et de l’audace, le président Romuald Wadagni aura posé les jalons d’une nouvelle dynamique. Et au-delà de la démonstration militaire, la Marina aura offert au pays le visage d’une nation rassemblée, aux couleurs d’un Bénin uni et résolument tourné vers la prospérité partagée.