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Accès aux infrastructures sportives à Cotonou: Les orientations envisagées par Bouraïma Imorou

Sports
Les infrastructures sportives pour une politique d’accès équitable à Cotonou Les infrastructures sportives pour une politique d’accès équitable à Cotonou

La question de l’accès aux infrastructures sportives à Cotonou s’impose aujourd’hui comme un enjeu central du développement du sport. Dans une analyse éclairée, Bouraïma Imorou Guiwa, expert en management des organisations sportives et président de l’As Cotonou, met en lumière les avancées notables enregistrées au niveau national, tout en soulignant les limites observées à l’échelle locale.

 

Par   Abdul Fataï SANNI, le 07 mai 2026 à 14h36 Durée 2 min.
#Infrastructures sportives

Depuis plusieurs années, la politique sportive nationale a permis une amélioration significative de la carte des infrastructures. La construction de complexes sportifs de proximité dans les différents départements a favorisé une meilleure répartition territoriale, contribuant à l’organisation décentralisée des compétitions et à l’amélioration des conditions de pratique. Une dynamique saluée pour sa cohérence et son impact structurant. Cependant, Cotonou présente une configuration particulière. La capitale économique repose essentiellement sur de grandes infrastructures nationales, telles que le stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou, dont la vocation institutionnelle limite l’accès aux clubs locaux. Ce déséquilibre se traduit par une rareté de créneaux d’entraînement, une utilisation contrainte des équipements et une inadéquation entre l’offre existante et les besoins quotidiens des acteurs de terrain.

Dans plusieurs quartiers, l’absence d’espaces de jeu adaptés contraint les jeunes à investir les rues, révélant une carence structurelle en infrastructures de proximité. L’expérience de l’As Cotonou illustre cette réalité. L’équipe première s’entraîne hors de la ville, tandis que les sections de jeunes et les équipes féminines évoluent sur des terrains précaires. Les disciplines comme le volleyball et le basketball font également face à des contraintes similaires, faute d’installations homologuées.

Pour un modèle plus inclusif

Face à ce constat, plusieurs pistes de réforme se dessinent. La réhabilitation du stade René Pleven apparaît comme une priorité stratégique, avec l’ambition d’en faire une infrastructure intermédiaire dédiée aux compétitions locales et à la formation. Parallèlement, une ouverture encadrée des infrastructures existantes, notamment les terrains annexes, permettrait de répondre aux besoins immédiats des clubs et académies.

L’expert Bouraïma Imorou Guiwa plaide également pour une politique volontariste de développement d’équipements de proximité notamment des terrains stabilisés, mini-terrains synthétiques et espaces partagés accessibles dans les arrondissements. Cette approche favoriserait une pratique régulière et inclusive, indispensable à l’émergence de nouveaux talents. Enfin, la structuration de la pratique sportive, à travers des compétitions inter-quartiers et des dispositifs de détection, constitue un levier essentiel pour dynamiser le sport de base et renforcer le lien entre formation et performance. Mais au-delà de la simple construction d’infrastructures, l’enjeu réside désormais dans leur accessibilité et leur utilisation optimale. Car, comme le souligne Bouraïma Imorou Guiwa, une infrastructure n’a de valeur que par son usage effectif. A Cotonou, le défi est de passer d’une logique d’équipement à une véritable politique d’accès, condition sine qua non pour un développement sportif durable.