La Nation Bénin...
Acteurs publics, institutions financières et partenaires techniques ont pris part ce mercredi 18 février à Cotonou, à un atelier de restitution de deux études stratégiques consacrées aux investissements verts dans le secteur agricole et aux services financiers adaptés aux femmes. Une étape pour accélérer la transition vers une agriculture durable, inclusive et résiliente au Bénin.
Le Bénin amorce résolument sa transition vers une économie verte, porté par une multiplication d’initiatives publiques et privées qui intègrent désormais les enjeux environnementaux, climatiques et sociaux au cœur des politiques de développement. Dans le secteur agricole en particulier, cette dynamique se traduit par une réorientation progressive des financements vers des pratiques durables et inclusives, capables de renforcer la résilience des producteurs tout en préservant les ressources naturelles. C’est dans ce contexte que s’est tenu, ce mercredi 18 février à Cotonou, l’atelier de restitution de deux études stratégiques majeures pour l’avenir du financement agricole au Bénin. Portées par le Fonds national de développement agricole (Fnda) avec l’appui de la Coopération allemande, ces études portent, d’une part, sur les opportunités d’investissements verts dans le secteur agricole et, d’autre part, sur le développement de services financiers mieux adaptés aux femmes entrepreneures agricoles. L’atelier a réuni des banques, des systèmes financiers décentralisés, des organisations professionnelles agricoles ainsi que des partenaires techniques et financiers. Une mobilisation plurielle qui traduit une prise de conscience collective, que la transformation durable de l’agriculture béninoise passe par un financement mieux ciblé, plus inclusif et respectueux de l’environnement. S’exprimant à l’ouverture des travaux, Rike Sohn, cheffe de la Coopération allemande au Bénin, a salué la diversité des acteurs présents. « La forte mobilisation autour de cet atelier montre que le Bénin est prêt à franchir une nouvelle étape vers une agriculture plus résiliente et durable », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que l’Allemagne accompagne le Bénin depuis les années 1960 à travers la coopération technique, mise en œuvre par la Giz, et la coopération financière assurée par la KfW. Deux leviers complémentaires qui, selon elle, agissent en synergie pour soutenir la croissance économique durable, la formation et l’emploi.
Disparités à corriger
Pilier central de l’économie béninoise, l’agriculture emploie près de 70 % de la population active, contribue à environ 30 % du produit intérieur brut et génère près de 75 % de recettes. Malgré ce poids, le secteur demeure confronté à des défis structurels majeurs, dont l’accès limité au financement, la forte exposition aux changements climatiques et les inégalités persistantes entre les hommes et les femmes dans l’accès aux ressources productives. Face à ces contraintes, le gouvernement a fait de l’agriculture l’un des axes prioritaires de son action publique. La création du Fnda en 2017 s’inscrit dans cette volonté de structurer un mécanisme national capable de mobiliser et de canaliser des financements publics et privés vers des investissements agricoles productifs, durables et inclusifs. Dans ce cadre, la KfW a mis à disposition une ligne de financement de 15 millions d’euros, soit près de 9,8 milliards de francs Cfa, destinée au refinancement des institutions financières partenaires du Fnda. « Notre ambition est de rapprocher durablement le monde agricole du système financier », a souligné Nicolas Ahouissoussi, directeur général du Fnda. Il a insisté sur le rôle central du guichet de facilitation de l’accès au crédit, qu’il qualifie de véritable trait d’union entre les producteurs et les institutions financières. Pour la seule année 2025, a-t-il précisé, près de 88,6 milliards de francs Cfa ont été facilités au profit de plus de 10 000 projets agricoles, dont une part significative portée par des femmes. La lutte contre les changements climatiques et la promotion de l’équité de genre constituent le socle de cette approche. Les investissements verts soutenus visent à encourager des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, contribuant à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et à l’adaptation aux aléas climatiques.
Les femmes, bien qu’essentielles à la production agricole, restent confrontées à de multiples obstacles pour accéder au crédit, à la terre et aux marchés. C’est pourquoi pour le Fnda et la KfW, au moins 30 % des crédits doivent être accordés aux femmes, et 30 % des volumes financiers doivent soutenir des investissements verts. Les deux études restituées lors de l’atelier constituent à cet égard une avancée significative. Elles ont permis d’identifier des opportunités concrètes d’investissements verts, d’analyser les obstacles spécifiques rencontrés par les femmes et de définir des critères d’éligibilité clairs pour orienter les financements.
Acteurs publics, institutions financières et partenaires techniques s’unissent pour bâtir un écosystème financier agricole innovant