La Nation Bénin...
Le commissariat d’arrondissement de Dan a mis fin aux activités d’un réseau de trafiquants d’infrastructures publiques dans la commune de Djidja (département du Zou). L’opération s’est soldée par l’interpellation des principaux cerveaux de la bande et la saisie de plus de 300 traverses de rails appartenant à l’ex-Organisation commune Bénin-Niger (Ocbn).
Tout a commencé le jeudi 29 octobre 2026 sur l’axe Setto-Dan. Lors d’un contrôle de routine, la vigilance des forces de l’ordre a été attirée par le comportement suspect d’un motocycliste. L’interception du conducteur a confirmé les soupçons des agents, car ce dernier transportait une quantité importante de boulons de rails ainsi qu’un sac rempli de pièces détachées d’origine ferroviaire.
Soumis à un interrogatoire serré, le motocycliste est rapidement passé aux aveux et a révélé qu’un gros camion, lourdement chargé de rails volés, faisait route vers Bohicon.
La réaction de la police a été immédiate. Un dispositif d’interception a été promptement déployé sur l’axe routier, permettant d’immobiliser le camion ciblé. À son bord, les forces de l’ordre ont découvert une cargaison de plus de 300 traverses de rails de l’ex-Ocbn et procédé à l’arrestation des deux occupants du véhicule.
Les investigations complémentaires menées dès le lendemain ont permis de remonter toute la filière. Les enquêteurs ont ainsi appréhendé les têtes pensantes de cette entreprise criminelle, qui ont également reconnu les faits. Actuellement placés en garde à vue au commissariat de Dan, l’ensemble des suspects sera prochainement présenté au procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abomey.
Quelles suites judiciaires pour les prévenus ?
Au regard du Code pénal béninois, les mis en cause risquent de lourdes sanctions. Le vol et le démantèlement d’infrastructures étatiques, lorsqu’ils sont commis en bande organisée, sont passibles de 5 à 15 ans d’emprisonnement ferme.
La justice béninoise fait preuve d’une fermeté croissante face au vandalisme des biens publics. À titre d’exemple, des affaires récentes de vol de câbles électriques ont débouché sur des condamnations systématiques à 7 ans de prison ferme. Dans le cas présent, l’existence d’une chaîne logistique structurée, impliquant voleurs, transporteurs, recéleurs et ferrailleurs, constitue une circonstance aggravante. Cette organisation en réseau pousse généralement les magistrats à appliquer le haut de la fourchette des peines prévues par la loi.
À ces peines privatives de liberté s’ajouteront certainement d’importantes sanctions financières. Les amendes et dommages-intérêts peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de francs CFA, une somme calculée proportionnellement au préjudice matériel et économique subi par l’État. Enfin, la législation pénale autorise la justice à ordonner la confiscation des biens des condamnés, qu’il s’agisse des véhicules ayant servi au transport du butin, de leurs comptes bancaires ou de leurs propriétés immobilières.