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Le mois d’octobre est celui consacré à la sensibilisation sur le cancer du sein et surtout au dépistage précoce. Comprendre les différents facteurs de risque permet de prendre conscience et de faire attention à certaines habitudes qui peuvent nuire. Qu’est-ce qu’un facteur de risque, quels sont les facteurs de risque du cancer du sein, les déodorants peuvent-ils causer le cancer du sein, sucer les seins d’une femme protège-t-il du cancer du sein ? Des éléments de réponse avec le Professeur Freddy H. R. GNANGNON Professeur titulaire de Cancérologie chirurgicale - FSS/UAC, Docteur en épidémiologie.
Le cancer du sein a-t-il une cause unique ?
Le cancer du sein n’a pas une cause unique. Il résulte le plus souvent de plusieurs éléments, appelés facteurs de risque, qui se combinent au cours de la vie.
Qu’est-ce qu’un facteur de risque ?
Un facteur de risque augmente la probabilité de développer une maladie, mais ne signifie pas qu’elle surviendra forcément. Sa présence invite à être particulièrement attentif à sa santé.
La maladie n’est jamais une faute.
Quels sont les facteurs de risque bien établis pour le cancer du sein ?
Il faut distinguer deux catégories de facteurs de risque bien établis.
Les facteurs sur lesquels on ne peut pas agir
Le sexe et l’âge. Environ 99 % des cancers du sein surviennent chez la femme. Le risque augmente avec l’âge, surtout après 40 ans. Les hommes peuvent également être atteints, mais cela reste rare.
Des cas de cancer dans la famille. Le risque est plus élevé lorsqu’une mère, une sœur ou une fille a eu un cancer du sein, surtout à un âge jeune. Dans certaines familles, une fragilité particulière peut se transmettre d’une génération à l’autre.
L’histoire des règles et de la ménopause. Avoir eu ses premières règles très jeune ou une ménopause tardive expose à un risque accru.
Certaines situations médicales. Avoir déjà eu un cancer du sein, certaines anomalies découvertes lors d’une biopsie, ou avoir reçu une radiothérapie importante sur le thorax à un âge jeune augmente le risque.
Les facteurs sur lesquels on peut agir
L’alcool. Même une faible consommation peut augmenter le risque. Plus la consommation est importante et régulière, plus le risque augmente.
Le surpoids et l’obésité. Le tissu graisseux participe à la production d’hormones qui peuvent favoriser certains cancers du sein.
Le manque d’activité physique. Bouger régulièrement contribue à réduire le risque et aide à maintenir un poids favorable à la santé.
Le tabac. Il doit être évité. Son lien avec le cancer du sein est moins marqué que pour plusieurs autres cancers, mais il nuit fortement à la santé.
Certains traitements hormonaux. Les traitements associant plusieurs hormones après la ménopause augmentent le risque lorsqu’ils sont utilisés longtemps.
Grossesse et allaitement.
Ne pas avoir eu de grossesse, avoir une première grossesse plus tardive ou ne pas avoir allaité sont associés à un risque un peu plus élevé. Ces situations ne doivent jamais servir à culpabiliser une femme ni à lui imposer un choix de vie. L’allaitement, lorsqu’il est possible et choisi, réduit modestement le risque, et cette réduction augmente avec sa durée.
Le travail de nuit.
Le travail de nuit régulier et prolongé perturbe l’horloge biologique et le sommeil. Le Centre international de recherche sur le cancer l’a classé comme probablement cancérogène pour l’être humain. Pour le cancer du sein, les résultats des études ne sont toutefois pas tous concordants et les preuves chez l’être humain restent limitées.
Défrisants et autres produits cosmétiques.
Certains produits capillaires et cosmétiques contiennent des substances qui peuvent perturber le fonctionnement des hormones. Dans certaines populations étudiées, surtout aux États-Unis, les femmes noires utilisent plus fréquemment certains produits commercialisés pour leurs cheveux ou leur peau, notamment les défrisants chimiques, les colorations permanentes et certains soins utilisés dès l’adolescence. Les formulations varient selon les pays, et les données provenant d’Afrique restent encore limitées.
Déodorants et aluminium.
Les données disponibles ne démontrent pas que les déodorants ou les antitranspirants contenant des sels d’aluminium provoquent un cancer du sein.
Sucer les seins protège-t-il du cancer du sein comme les gens aiment à le dire ?
Une idée reçue à corriger
Se faire sucer les seins par un amant ou un partenaire ne réduit pas le risque de cancer du sein. Aucune preuve scientifique ne montre que la succion, le massage ou la stimulation sexuelle des seins protège contre ce cancer. Ces pratiques ne remplacent ni l’attention portée aux signes inhabituels ni une consultation médicale.
Il ne faut pas confondre cette pratique avec l’allaitement maternel. L’effet protecteur de l’allaitement est lié aux changements hormonaux et biologiques de la grossesse et de la production de lait, et non à la simple succion du mamelon.