La Nation Bénin...
Doyen d'âge du Sénat, l'ancien
président de la République, Nicéphore Soglo, sauf surprise de dernière minute,
pourrait déjouer tous les pronostics et présider aux destinées de la mandature
pionnière de la dernière-née des institutions de la République au Bénin.
Au fur et à mesure que
s'approche l'installation des membres du Sénat prévue pour le 30 juillet
prochain, le nom du futur président de cette institution, la chambre haute du
Parlement béninois, alimente les débats. Plusieurs noms circulent. L'on cite
surtout le nom de l'ancien président de la République, Patrice Talon, le père
de la réforme constitutionnelle ayant créé le Sénat, et qui a passé le témoin,
le 24 mai dernier, à Romuald Wadagni, et celui de la présidente de la première
mandature de la Cour constitutionnelle, Elisabeth Pognon. Mais ces derniers
jours, le nom de Nicéphore Soglo, premier président de la République de l'ère
du renouveau démocratique, revient de façon plus insistante dans les
discussions. Les milieux les plus informés trouvent que le doyen d’âge a les
capacités pour piloter la première législature du Sénat. Une éventuelle
candidature du premier président de la République démocratiquement élu au Bénin
doit être prise au sérieux. Elle pourrait faire basculer les ambitions et les
calculs de certains membres de l'institution si cette rumeur arrivait à se
confirmer. Plusieurs observateurs créditent Nicéphore Soglo, malgré le poids de
l'âge (95 ans), d'un profil qui peut faire l’unanimité des membres du Sénat.
L'homme incarnerait l’expérience, la sagesse et la mémoire institutionnelle du
Bénin depuis les années 90. Ainsi, aux yeux de nombreux observateurs, il est la
personnalité la plus légitime pour conduire les destinées de cette mandature
pionnière. Son élection à la tête du Sénat donnerait un signal fort dès
l’installation de l’institution prévue le 30 juillet prochain au palais des
Gouverneurs à Porto-Novo.
Patrice Talon, VP ?
La candidature éventuelle de
Nicéphore Soglo écarte de plus en plus la piste Patrice Talon, le plus jeune
des anciens chefs d'État, membres de droit du Sénat. Au détour d'une interview
accordée à la presse, après avoir voté lors de l'élection présidentielle du 12
avril dernier, Patrice Talon a semblé s'exclure de la course au perchoir du
Sénat. Il avait lui-même laissé entendre, sans citer de nom, qu’il y avait
d’autres sénateurs plus anciens que lui pour diriger cette chambre haute du
Parlement béninois et faire le job. Le choix probable de Nicéphore Soglo à
venir ne fera que confirmer les propos du chantre du Nouveau départ. Mais cela
n’empêche pas que les mêmes milieux informés analysent que Patrice Talon ne
restera pas trop loin du perchoir. Il pourrait être porté au poste de
vice-président du Sénat pour appuyer le doyen d'âge dans ses fonctions de
président du Sénat.
Pour l'instant, l'on est
encore à une semaine de la date d'installation. Les tractations se poursuivent.
Elles livreront leur secret d'ici le 30 juillet prochain, à l'issue de la mise
en place du Sénat.
Avant le grand jour, les
nouveaux membres du Sénat se retrouvent déjà ce vendredi 24 juillet pour une
séance de prise de contact. Il pourrait être question d’harmoniser les
positions et de préparer les travaux en vue de la cérémonie solennelle
d’installation fatidique des membres du Sénat. Ledit Sénat est institué par la
révision constitutionnelle de novembre 2025. L'institution constitue la
deuxième chambre du Parlement béninois et marque le passage à un système
législatif bicaméral. La première mandature est composée de 25 membres, dont
des membres de droit et des personnalités désignées conformément aux
dispositions en vigueur.
Nicéphore Soglo