La Nation Bénin...
A l’initiative du Conseil national du patronat du Bénin (Cnp-Bénin) et de l’Organisation internationale des employeurs (Oie), des responsables publics, des représentants du patronat, des partenaires internationaux et des experts ont engagé une réflexion sur les mutations technologiques et leurs conséquences sur l’emploi. Au cœur des échanges, vendredi 16 octobre à Cotonou, la nécessité pour l’Afrique de prendre part à l’élaboration des règles qui façonneront le travail de demain.
L’Afrique ne peut se contenter de subir les mutations technologiques qui redessinent l’économie mondiale. Elle doit aussi participer à leur orientation et en tirer parti pour son développement. C’est le message qui s’est dégagé du Forum régional multipartite de Cotonou consacré aux «Technologies et à l’Avenir du Travail en Afrique », organisé vendredi 16 octobre dernier à Cotonou par le Conseil national du patronat du Bénin (Cnp-Bénin) et l’Organisation internationale des employeurs (Oie).
A l’ouverture des travaux, le président du patronat béninois, Eustache Kotingan, a rappelé que la technologie, au-delà de ses performances, pose une question fondamentale: quel avenir les sociétés africaines veulent-elles construire pour les femmes et les hommes qui travaillent? Pour lui, l’intelligence artificielle et la transformation numérique imposent d’anticiper les changements plutôt que de les subir. Formation des jeunes, compétitivité des entreprises, accompagnement des petites et moyennes entreprises et préservation du travail décent constituent, à cet égard, autant de défis à relever. Le président du Cnp-Bénin a également défendu une ambition plus large ; celle de faire de Cotonou un espace de réflexion et de propositions sur l’avenir du travail en Afrique. Une ambition qui suppose, selon lui, un dialogue permanent entre pouvoirs publics, employeurs, travailleurs, chercheurs et acteurs de l’innovation.
Favoriser l’innovation et la productivité
Représentant l’Oie, Amadou Sako a, pour sa part, insisté sur la nécessité de faire entendre la voix des entreprises africaines dans les enceintes où se dessinent les politiques internationales. Les réalités vécues dans les ateliers, les bureaux et les entreprises doivent nourrir les décisions prises à Genève, à New York ou à Addis-Abeba. Il appelle le continent à peser davantage sur les règles qui détermineront son avenir économique.
Représentant le gouvernement béninois, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Détchénou, a procédé à l’ouverture officielle du forum en soulignant le caractère décisif des mutations technologiques en cours. Pour le ministre, la transformation numérique, l’intelligence artificielle et l’évolution des compétences remodèlent déjà les économies et le monde du travail. Il a salué l’initiative du Cnp-Bénin et de l’Oie, qui offre aux acteurs publics et privés un cadre de concertation sur ces enjeux. Le représentant du gouvernement a notamment insisté sur la nécessité de faire des nouvelles technologies des instruments de progrès économique, mais aussi d’inclusion et de développement humain. L’enjeu, a-t-il fait savoir, est de favoriser l’innovation et la productivité tout en renforçant les compétences et le dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises. Notons que deux panels du forum ont prolongé cette réflexion, en examinant, d’une part, les cadres politiques, la régulation et l’environnement des affaires et, d’autre part, les transformations concrètes induites par les technologies dans les entreprises africaines.
Favoriser l’innovation et la productivité tout en renforçant les compétences et le dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises