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Ouverture de la 158e session du Conseil exécutif de l’Oms: A la croisée des réformes institutionnelles et des crises sanitaires persistantes

International

La 158ᵉ session du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) s’ouvrira ce lundi 2 février à Genève (Suisse), pour une semaine de travaux, à la croisée des réformes institutionnelles et des crises sanitaires persistantes. 

Par   Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse), le 02 févr. 2026 à 10h22 Durée 3 min.
#Oms #Nations Unies

Le directeur général de l’Organisation, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, présentera son rapport annuel et donnera le ton des débats marqués par de fortes tensions budgétaires et géopolitiques. Ce sera à l’occasion  de la 158ᵉ session du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) qui  s’ouvre ce lundi 2 février à Genève.

Instance clé de gouvernance de l’organisation, le Conseil exécutif examinera l’avancée de la réforme de la gouvernance de l’Oms, la mise en œuvre et le financement du budget-programme, ainsi que les évolutions des ressources humaines, notamment le processus de priorisation et de réalignement engagé en 2025. La réforme plus large de l’architecture mondiale de la santé, inscrite dans le cadre de l’initiative « UN80 », figurera également à l’agenda, dans un contexte de remise en question du multilatéralisme.

Le retrait effectif des États-Unis, en janvier dernier, et celui annoncé de l'Argentine (février 2025) illustrent les fragilités actuelles du système de coopération sanitaire internationale. Le Conseil examinera par ailleurs plusieurs projets de résolutions et de décisions proposés par les États membres.

Les crises humanitaires et sanitaires occuperont une place centrale dans les discussions. Le Conseil entendra les rapports du directeur général sur l’action de l’Oms dans le cadre des urgences sanitaires. L’état de santé des populations dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, ainsi que le soutien apporté au secteur de la santé en Ukraine, feront l’objet de communications spécifiques. L’an dernier, l’Oms avait répondu à 48 urgences dans 79 pays et territoires, notamment à Gaza, au Soudan et en Ukraine.

Au-delà des crises aiguës, le Conseil se penchera sur des enjeux structurels : prévention et contrôle des maladies non transmissibles, santé mentale, maladies transmissibles, couverture sanitaire universelle, soins de santé primaires, lutte contre les produits médicaux falsifiés ou de qualité inférieure, résistance aux antimicrobiens et développement de la santé numérique.

Dans ce cadre, l’Oms lancera son appel annuel pour les urgences, destiné à mobiliser les financements nécessaires afin de protéger les populations les plus vulnérables confrontées à des crises sanitaires à travers le monde.

Composé de 34 experts désignés par les États membres pour des mandats de trois ans, le Conseil exécutif est chargé de mettre en œuvre les décisions de l’Assemblée mondiale de la santé et d’en faciliter les travaux. L’Afrique y est actuellement représentée par le Cap-Vert, la République centrafricaine, le Cameroun, les Comores, le Lesotho, le Togo et le Zimbabwe. À Genève, ces représentants devront naviguer entre exigences de solidarité mondiale et réalités politiques, alors que l’Oms cherche à redéfinir son rôle dans un monde de plus en plus fragmenté.

Catherine Fiankan-Bokonga