La Nation Bénin...
L'ambassade de la République bolivarienne du Venezuela au Bénin célèbre, depuis 72 heures, les vingt ans de sa présence diplomatique dans le pays. Une conférence publique tenue hier à l'Université d'Abomey-Calavi a permis de retracer deux décennies de coopération Sud-Sud, marquées par des réalisations concrètes dans l'éducation, le logement social et l'enseignement de la langue espagnole.
Il y a exactement vingt ans, le 2 août 2006, le président Hugo Chávez Frías inaugurait personnellement la mission diplomatique bolivarienne au Bénin, seule ambassade vénézuélienne du continent africain à avoir bénéficié d'un tel honneur parmi les dix-huit représentations que compte le pays sud-américain en Afrique. Deux décennies plus tard, cette relation singulière continue de porter ses fruits, comme en témoignent les manifestations commémoratives qui se déroulent depuis 72 heures à Cotonou et à l'Université d'Abomey-Calavi (Uac). Hier, une conférence publique a réuni, au département d’espagnol, Leonardo Chirrino, dans l'enceinte de l'Uac, autorités universitaires, membres du gouvernement et étudiants, autour de l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Venezuela près le Bénin, Jesús Alberto García. Occasion pour le diplomate de remettre des attestations aux apprenants de tous secteurs ayant suivi, durant neuf mois, des cours en ligne de langue espagnole, dans le cadre du Diplomado « Vie et Œuvres du Libérateur Simón Bolívar» et des cours contextualisés portés par le Noyau Bénin et Afrique Occidentale de l'Institut Simón Bolívar pour la Paix et la Solidarité entre les Peuples. La cérémonie a également enregistré la présence des ambassadeurs, ou de leurs représentants, de Cuba, d'Haïti, du Brésil et du Niger, témoignant du rayonnement sous-régional de cet anniversaire.
Deux décennies de réalisations concrètes pour le Bénin
Au-delà du symbole, l'ambassadeur García a tenu à souligner la portée tangible de ce partenariat. Selon lui, la coopération Sud-Sud entre les deux nations s'est traduite, au fil des vingt dernières années, par des réalisations concrètes sur le terrain béninois, citant notamment la construction de logements sociaux à Sèmè-Podji et d'écoles à Tori-Bossito. Le diplomate a également rappelé la promulgation, par le gouvernement béninois, d'une loi sur la nationalité des descendants de la diaspora africaine, qu'il a qualifiée de « geste d'amour et de dignité historique », ainsi que la récente rencontre avec la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Romarique Sèdami Medegan Fagla, en vue de la concrétisation d'un accord sur la reconnaissance mutuelle des diplômes de l'enseignement supérieur. De son côté, la Conseillère technique Yvette Onibon Doubogan, représentant la ministre, a salué la réactivité du partenaire vénézuélien, rappelant que le ministère de l'Enseignement supérieur poursuit, depuis dix ans, la construction d'une «université du futur», davantage tournée vers l'employabilité et l'entrepreneuriat des étudiants béninois. C’est alors que témoin des premières heures de cette relation diplomatique, Marc Alabi, Coordinateur du Noyau Bénin et Afrique Occidentale de l'Institut Simón Bolívar, est revenu sur les fondements historiques de ce rapprochement : la mémoire commune de la traite négrière, qui a vu de nombreux Yoruba, Fon, Mina et Ewe déportés vers le Venezuela, Cuba, Haïti, la Colombie ou les États-Unis, avant de contribuer, par leurs révoltes, à l'indépendance de plusieurs nations sud-américaines. L'ambassadeur García a par ailleurs rappelé les positions de la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, en faveur d'un monde multipolaire fondé sur le respect du droit international et l'autodétermination des peuples, avant d'évoquer la situation du président Nicolás Maduro et de la Première dame Cilia Flores.
Les cours du Diplomado et les modules contextualisés d'espagnol se poursuivront dans les prochains mois, confirmant la volonté affichée, de part et d'autre, de pérenniser cette relation bâtie, selon les mots du diplomate vénézuélien, sur « la fraternité agissante » plutôt que la seule administration diplomatique.