La Nation Bénin...
La saison sèche s’installe progressivement sur l’ensemble du territoire national, marquant une nouvelle étape dans l’évolution de la campagne agricole en cours. Après les dernières récoltes enregistrées à la fin de la grande saison des pluies, les producteurs s’adaptent désormais aux contraintes hydriques et aux exigences spécifiques des cultures de contre-saison.
La saison sèche s’installe progressivement sur le territoire national, modifiant le rythme des activités agricoles et imposant de nouvelles stratégies d’adaptation aux producteurs. Dans plusieurs zones agricoles, la baisse des précipitations a entraîné un ralentissement naturel des activités en plein champ. Toutefois, les périmètres aménagés et les bas-fonds continuent d’être exploités grâce aux dispositifs d’irrigation et aux retenues d’eau encore disponibles.
Les cultures maraîchères, notamment la tomate, le piment, l’oignon et les légumes-feuilles, dominent cette phase de production, selon le Bulletin d’information et d'alerte précoce sur la Sécurité alimentaire et nutritionnelle (Biap-San) du ministère de l’Agriculture. En effet, la Cellule technique de suivi et d’appui à la gestion de la sécurité alimentaire indiquent que la campagne de la saison sèche a démarré dans des conditions globalement satisfaisantes. Les aménagements hydro-agricoles réalisés, ces dernières années, permettent d’assurer une certaine continuité dans la production, malgré la raréfaction des pluies. Les producteurs engagés dans le riz irrigué poursuivent également leurs activités dans les zones équipées.
Cependant, la pression sur les ressources en eau reste un défi majeur. Dans certaines localités, le niveau des cours d’eau et des forages connaît une baisse progressive, obligeant les exploitants à rationner l’usage de l’eau. Les groupements de producteurs mettent en place des systèmes de rotation pour optimiser l’irrigation et éviter les conflits d’accès. Sur le plan phytosanitaire, les techniciens notent une recrudescence de certains ravageurs favorisés par la chaleur et l’humidité résiduelle. Des actions de sensibilisation sont menées pour promouvoir les bonnes pratiques agricoles et l’usage raisonné des intrants. Les encadrements de proximité insistent sur le respect des doses recommandées et sur la protection des sols.
Par rapport aux cultures de rente, la campagne précédente a connu des résultats jugés globalement satisfaisants, notamment pour le coton et l’anacarde. Les opérations de commercialisation se poursuivent dans plusieurs communes, tandis que les producteurs préparent déjà les prochaines emblavures en fonction des orientations techniques reçues. La saison sèche constitue aussi une période stratégique pour les travaux de réhabilitation des exploitations. Certains agriculteurs profitent de l’accalmie pluviométrique pour aménager leurs parcelles, renforcer les diguettes, curer les canaux d’irrigation ou préparer les pépinières en vue de la prochaine saison pluvieuse. Les services techniques du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche rappellent que cette période est déterminante pour consolider les acquis de la campagne et préparer la suivante. Les dispositifs d’accompagnement technique restent opérationnels afin de soutenir les producteurs face aux contraintes climatiques. Malgré les défis liés à la disponibilité de l’eau et à la hausse des températures, la dynamique observée dans les bassins de production laisse entrevoir une continuité de l’activité agricole. Les exploitants misent sur la diversification des cultures et l’optimisation des ressources pour maintenir leurs rendements et assurer l’approvisionnement des marchés.
La campagne évolue ainsi dans un contexte marqué par l’adaptation et la vigilance. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de la saison sèche sur les volumes de production et sur l’équilibre des filières agricoles.
Un champ maraîcher irrigué en saison sèche