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Hausse des coûts d'emprunt: Les pays en développement sous pression, le Bénin garde l'équilibre

Economie
Le Bénin s’efforce de préserver ses investissements publics et la stabilité de ses  finances grâce à une gestion rigoureuse de la dette Le Bénin s’efforce de préserver ses investissements publics et la stabilité de ses finances grâce à une gestion rigoureuse de la dette

La montée des coûts d’emprunt à l’échelle mondiale fragilise les finances publiques des pays en développement. Selon une étude récente de l’Onu Commerce et Développement, une grande majorité des pays voient leurs marges budgétaires se réduire, au détriment des investissements essentiels. Toutefois, certains États, à l’image du Bénin, s’efforcent de maintenir un cap de stabilité grâce à des réformes et une gestion plus rigoureuse de la dette.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 24 mars 2026 à 07h03 Durée 3 min.
#équilibre budgétaire #Finances publiques

Depuis plusieurs années, les pays en développement font face à une hausse continue du coût de l’endettement. Cette tendance, désormais bien ancrée, pèse lourdement sur leurs budgets nationaux et limite leur capacité à financer des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Selon une étude de l’Onu Commerce et Développement, la situation est préoccupante. Entre 2018 et 2024, la hausse des paiements d’intérêts a réduit la part des recettes publiques disponible pour d’autres dépenses dans 99 pays en développement, soit près de 73 % d’entre eux. Concrètement, cela signifie que les États consacrent une part de plus en plus importante de leurs ressources au remboursement de la dette, au détriment des investissements structurants nécessaires à leur développement. L’un des facteurs majeurs de cette situation réside dans l’évolution des sources de financement. Après la crise financière mondiale, de nombreux pays en développement se sont tournés vers le crédit privé, attirés par des conditions de financement alors favorables. Mais cette dépendance accrue aux marchés financiers s’est révélée risquée. À partir de 2022, le relèvement des taux directeurs par les banques centrales des pays développés, notamment pour lutter contre l’inflation, a entraîné une hausse généralisée du coût de l’emprunt. Le résultat est que les pays qui avaient contracté des dettes auprès d’investisseurs privés ou de banques commerciales se retrouvent aujourd’hui confrontés à des charges financières plus élevées et à une volatilité accrue. Cette hausse des coûts d’emprunt fragilise la viabilité de la dette dans de nombreux pays. En septembre 2025, près de 49 % des pays éligibles aux financements concessionnels du Fonds monétaire international (Fmi) étaient en situation de surendettement ou exposés à un risque élevé, selon l’Onu Commerce et Développement. Dans bien des cas, il ne s’agit pas d’une insolvabilité totale, mais de problèmes de liquidité. Les États peinent à honorer leurs engagements à court terme, même si leur dette reste soutenable à long terme.

Ambitions de développement compromises

De nombreux gouvernements sont contraints de revoir leurs priorités et de différer certains investissements. Comme le souligne l’Onu Commerce et Développement, certains pays ne font pas défaut sur leur dette au sens strict, mais « font défaut sur leurs ambitions de développement ». Les budgets consacrés aux infrastructures, à la transition énergétique ou encore à l’éducation sont souvent les premiers affectés. Cette compression des dépenses publiques compromet les efforts de développement et risque d’aggraver les inégalités, notamment dans les pays les plus vulnérables.

Dans cet environnement global difficile, certains pays parviennent néanmoins à maintenir une certaine stabilité. Le Bénin figure parmi les États qui s’efforcent de mieux maîtriser leur endettement et de préserver leurs marges de manœuvre budgétaires. Grâce à des réformes économiques engagées ces dernières années, le pays a amélioré la mobilisation de ses ressources internes et renforcé la gestion de ses finances publiques. Cette approche lui permet de contenir les risques liés à l’endettement tout en poursuivant ses investissements dans les infrastructures et les services sociaux. Le recours à des financements diversifiés, combinant emprunts extérieurs et mobilisation du marché financier régional, contribue également à limiter l’exposition aux chocs externes. Cette stratégie, bien que confrontée aux réalités du contexte international, offre au Bénin une relative résilience face à la hausse des coûts d’emprunt.

Face à ces défis, l’Onu Commerce et Développement insiste sur la nécessité de renforcer la gestion de la dette publique. Des outils comme le système Dmfas 7, récemment mis à jour, permettent aux États d’améliorer le suivi de leurs engagements financiers et d’anticiper les risques. Une gestion plus rigoureuse peut également renforcer la confiance des créanciers et contribuer à réduire les coûts d’emprunt en limitant les primes de risque. Par ailleurs, les pays en développement explorent de nouvelles formes de coopération, notamment à travers des initiatives visant à améliorer la coordination entre emprunteurs.