La Nation Bénin...
Le nombre de sites inscrits au patrimoine
mondial fait partie des indicateurs utilisés dans certains classements
touristiques internationaux. Le Bénin en compte trois, dont deux sont des biens
transnationaux.
Le récent classement Travel & Tourism
Development Index du Forum économique mondial place le Bénin à la 19e place
africaine et à la 106e place mondiale sur 110 pays classés. Ce classement prend
notamment en compte le nombre de sites naturels et culturels inscrits au
patrimoine mondial de l’Unesco. Sur cet indicateur, le Bénin ne compte que
trois biens inscrits.
Trois sites, dont deux partagés avec
d’autres pays
Tout commence en 1985 avec les palais royaux d’Abomey. Le site a pourtant failli disparaître après une tornade qui l’a endommagé en 1984. Il est ensuite inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Il faudra attendre 2007, après une restauration minutieuse, pour qu’il en soit retiré.
Les deux autres biens béninois racontent une autre histoire, celle du partage. Le complexe W-Arly-Pendjari, avec ses savanes et sa faune, s’étend sur trois pays : le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Le Koutammakou, terre des Batammariba et de leurs célèbres cases-tours en terre, est, quant à lui, partagé avec le Togo.
Ganvié et la Route de l’Esclave, en
attente
Avant qu’un site ne soit inscrit, il doit d’abord figurer sur la liste indicative, une sorte de salle d’attente officielle de l’Unesco. Le Bénin y compte aujourd’hui cinq dossiers. Il s’agit de la basse vallée de l’Ouémé, du village souterrain d’Agongointo-Zoungoudo, des quartiers anciens et du palais royal de Porto-Novo, de la réserve du W du Niger, ainsi que des sites marquants de la Route de l’Esclave, à Abomey, Savè, Dassa-Zoumè, Kétou et Ouidah, inscrits sur la liste indicative depuis 2021.
La cité lacustre de Ganvié, quant à elle,
avait été proposée pour figurer sur cette liste indicative dès 1996, mais son
inscription semble en avoir été retirée en 2020, selon les données disponibles
sur le site de l’Unesco.
Pourquoi si peu de dossiers
aboutissent-ils ?
Entre la liste indicative et l’inscription
définitive, le chemin est long et coûteux. Depuis 1982, le Bénin n’a bénéficié
que de 16 demandes d’assistance internationale de l’Unesco, pour un montant
cumulé de 257 738 dollars. Une aide limitée au regard des études scientifiques,
des plans de gestion et des dossiers techniques qu’exige chaque candidature.
Pour Ganvié, par exemple, les experts de
l’Unesco avaient demandé, comme préalable à toute inscription, l’assainissement
du lac, une meilleure gestion des déchets et une délimitation claire du site et
de sa zone tampon. Ces conditions n’ayant pas été remplies, le dossier a fini
par être retiré de la liste.
Patrimoine mondial