La Nation Bénin...

Nathanaël Vodouhè en exposition à Cotonou: Une ode picturale qui explore le rapport entre humains et animaux

Culture
Nathanaël Vodouhè Nathanaël Vodouhè

L’artiste plasticien et sculpteur Nathanaël Vodouhè met en lumière le rapport entre les êtres humains et les animaux à travers une exposition organisée du 12 février au 8 mars par Maison rouge en collaboration avec Hbmc. Il présente une série de neuf toiles nommées «Cérémoniels», qui développent une réflexion profonde sur les liens entre humains, animaux, mémoire ancestrale, le sacré et l’identité contemporaine.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 19 févr. 2026 à 08h59 Durée 3 min.
#Nathanael Vodouhè

Nathanaël Vodouhè, artiste plasticien et sculpteur béninois, est en exposition à Cotonou. Pour cette deuxième expérience à Maison rouge, qui s’étend sur près d’un mois, l’artiste a fait le choix d’une série de neuf grands tableaux peints à l’acrylique sur toile.

Ses œuvres, identitaires, dominées par le blanc-noir, explorent le rapport entre les êtres humains et les animaux. Les tableaux montrent comment l’Homme peut être attaché, de différentes manières, aux animaux : moutons, chèvres, poulets, etc. « C'est quelque chose qui concerne les valeurs endogènes. Comme vous pouvez le voir, j'ai travaillé sur le sacrifice… », explique-t-il.

Au vernissage de l'exposition, jeudi dernier, ces peintures d’Hommes dialoguant avec des animaux captent l’attention du public pour ne la relâcher qu’après l’avoir emmené pas à pas dans les deux pièces qui accueillent les œuvres. «Je trouve qu'il a voulu évoquer sur ses toiles, ce rapport d'affection, d'amour et de respect qu'on doit à l'animal, parce que c'est lui qui accepte de se sacrifier… », commente Céline Coyac Atindéhou, responsable de l’exposition.

Sur les toiles de Nathanaël Vodouhè, l’abondance de pointillés symbolise, selon l’artiste, l’ensemble des valeurs culturelles et cultuelles de chaque peuple, et qui sont transmises de génération en génération. « C'est grâce à ces valeurs qu'on a notre identité. Lorsque ça disparaît, on ne reconnaît plus la personne, donc l'identité disparaît», détaille Nathanaël Vodouhè. En revanche, la dominance blanc-noir, d’après l’artiste, est un choix qui ne repose sur rien du tout et elle peut changer à tout moment.

Ainsi, cette série de toiles surnommée « Cérémoniels» développe une réflexion profonde sur les liens entre humains, animaux, mémoire ancestrale, sacralité et identité contemporaine. À travers une écriture picturale rigoureuse, soulignent les organisateurs, Nathanaël Vodouhè explore ce qu'il appelle le « génome culturel », un ensemble de codes symboles de savoirs transmis d’une génération à une autre, qui façonnent les sociétés africaines. La présence centrale de l'animal sacrificiel, ajoutent-ils, inscrit l'œuvre dans une lecture spirituelle du monde, où le rituel devient acte de médiation, de protection et de régénération. « Loin de toute dimension folklorique, Cérémoniels propose une relecture contemporaine des pratiques rituelles africaines, affirmant leur vitalité et leur capacité à nourrir la création actuelle. Par cette série, Nathanaël Vodouhè inscrit son travail dans une dynamique de réappropriation critique du patrimoine immatériel africain, faisant de la peinture un espace de dialogue entre héritage ancestral et questionnements contemporains », assurent les organisateurs.

Objectifs et attentes

Pour cette exposition, l’artiste voudrait partager des émotions avec le public qui s’imprègne des œuvres, de son travail. « Il ne faut pas oublier que nous perdons un peu de vue nos réalités culturelles et cultuelles aujourd'hui… Ça me permet de faire des recherches autour de ces choses qu'on oublie souvent, qu'on perd de vue. Donc, j'aimerais bien que le public s'imprègne, vive encore ces moments parce que quand vous voyez ces animaux, la proximité entre eux et l'être humain, vous vous rendez compte que ce sont des choses qu'on a eu à faire dans notre petite enfance ou dans des moments ou situations donnés. Donc, le plus important est que les visiteurs rentrent dans les toiles, se posent des questions, se projettent… », affirme Nathanaël Vodouhè.

Au-delà du narratif et des émotions qui illuminent la série, l’exposition oriente les projecteurs sur l’artiste. Et c’est justement l’un des objectifs visés par les organisateurs. « Sur chaque vernissage, généralement, on accueille des centaines de personnes. Beaucoup d'artistes se côtoient au travers de cette plateforme et se découvrent parce que certains d'entre eux ignorent l’existence d’autres… On attend aussi, évidemment, de faire découvrir cet artiste à des gens qui l'ignorent et peut-être aussi à des gens des institutions béninoises qui viennent redécouvrir souvent le travail des artistes d'ici ou d'ailleurs », explique Céline Coyac Atindéhou. L’exposition a démarré le 12 février dernier et prend fin le 8 mars prochain.