La Nation Bénin...
Publiée aux éditions Plumes Soleil, "L’appel des esprits" est une pièce de théâtre écrite par le colonel Emile Elomon pour peindre le visage de la société africaine, et par ricochet, béninoise face aux enjeux du développement. L’ouvrage évolue en une série de cinq appels qui sont chacun un condensé de scènes en acte comme dans la présentation d’une pièce de théâtre classique.
Emile Elomon, avec la pièce de théâtre "L’appel des esprits", plonge le lecteur ou le spectateur dans un univers où les personnages portent des noms en langues béninoises, agissant culturellement et cultuellement comme des Béninois. La trame de la pièce est dynamique avec une forte dose de didascalie.
Au cours de l’histoire, Dossou, un cadre émérite de la diaspora, parti du pays depuis son enfance est très sollicité dans le monde pour le redressement économique des Etats. Partout, en Europe et dans le reste du monde, son nom circule comme celui d’un messie qui apporte la potion efficiente pour annihiler la crise économique. Beaucoup de ministres africains des Finances et du Développement vont boire à sa source pour pouvoir tenter le redressement économique de leur pays.
Le chef de l’Etat d’Adjooka, son pays dorigine, informé de ses prouesses, décide de lui faire appel pour mettre ses expériences au profit du gouvernement. Ceci fâche les autres ministres, ceux-là qui occupent surtout les postes stratégiques au sein de l’Exécutif et qui, par ailleurs, sont les responsables des maux qui minent le pays à savoir, la corruption, le pillage, le détournement des fonds publics à des fins personnels.
Dans le même temps, le père Gbeffa dont il est le fils aîné décide de faire des sacrifices pour obtenir aussi des ancêtres son retour au pays afin qu’il puisse lui passer la main pour la gestion de l’héritage familial. Amangbé, le demi-frère de Dossou s’oppose radicalement à cette intention de leur géniteur. Il estime que cette gestion de l’héritage lui revient plutôt.
Ainsi, Amangbé, en complicité avec des demis-frères et sœurs, posent des actes lugubres pour empêcher Dossou de revenir et même pour l’éliminer. Des ministres du gouvernement en font de même. D’un côté comme de l’autre, le technocrate Dossou est pris entre l’étau et l’enclume.
Malgré toutes les manigances spirituelles, Dossou rentre au pays et, en six mois, redresse l’économie nationale. Mais il succombe subitement en lisant une lettre de son épouse restée en Europe avec les enfants. Du coup, l’on sinterroge sur la cause réelle de cette mort brusque. Est-ce son épouse qui l’a tué ? Sont-ce les sorts maléfiques qui lui sont jetées dans l’ombre par ses frères et soeurs ? Sont-ce les actes occultes de ses collègues ministres ?
Cest là toute la problématique de ce chef-d’œuvre qu’apporte le colonel Elomon à la littérature béninoise voire africaine d’expression française. De toutes les façons, à la lecture de la pièce et surtout la fin prématurée du personnage Dossou, on est tenté de relever que l’écrivain semble pessimisme sur le décollage économique d’un pays africain comme le Bénin.