La Nation Bénin...
En prélude à la septième réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (Peaa), prévue ce lundi 13 juillet à Cotonou, les points focaux des 23 États membres se sont réunis ce dimanche 12 juillet afin de finaliser les propositions qui seront soumises aux ministres des Affaires étrangères. Les travaux portent notamment sur le projet de Déclaration de Cotonou, appelé à définir les nouvelles orientations du partenariat.
À l’ouverture des travaux, le secrétaire permanent du Peaa, Tarik Iziraren, a rappelé que les points focaux constituent un maillon essentiel du fonctionnement du processus. Chargés de préparer les réunions ministérielles, ils assurent également le suivi des décisions et la coordination entre les États membres. Depuis sa création, a-t-il souligné, le Peaa a progressivement consolidé son architecture institutionnelle autour de trois piliers majeurs : le dialogue politique et sécuritaire, l’économie bleue, la connectivité et l’énergie, ainsi que le développement durable. Ces trois axes sont respectivement pilotés par le Nigeria, le Cap-Vert et le Gabon. Pour Tarik Iziraren, l’approche retenue est volontairement intégrée afin de répondre simultanément aux défis sécuritaires, économiques et environnementaux auxquels fait face l’Afrique atlantique. Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la lutte contre la piraterie maritime, le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, tout en développant les économies nationales afin de traiter les causes profondes de l’instabilité.
Le secrétaire permanent a également mis en avant plusieurs projets structurants, notamment le Gazoduc Afrique Atlantique, appelé à renforcer l’intégration énergétique du continent tout en favorisant les échanges avec l’Europe. À cela s’ajoutent le développement des infrastructures portuaires, des corridors logistiques, des énergies renouvelables ainsi que la promotion de l’économie bleue. Face aux nouveaux défis mondiaux, notamment les tensions géopolitiques, les changements climatiques ou encore la cybersécurité, le responsable du Peaa a plaidé pour un partenariat suffisamment flexible afin d’intégrer les problématiques émergentes et d’adapter les priorités de coopération.
La réunion de Cotonou revêt ainsi un caractère particulier puisqu’elle est la première à être consacrée à une thématique spécifique autour de trois priorités : la sécurité maritime, les corridors logistiques verts et la transition énergétique durable. Les ministres devraient, à l’issue de leurs travaux, mandater le secrétariat permanent pour élaborer, en concertation avec les États membres, une feuille de route de mise en œuvre des orientations contenues dans la future Déclaration de Cotonou.
Ouvrant officiellement la réunion, le secrétaire général du ministère béninois des Affaires étrangères, l’ambassadeur Franck Armel Afoukou, a rappelé que si les réunions ministérielles retiennent généralement l’attention, leur réussite repose avant tout sur le travail méthodique des experts. Selon lui, les points focaux sont les gardiens de la mémoire institutionnelle du processus et les artisans des consensus qui permettront aux ministres d’adopter des décisions équilibrées et porteuses d’impacts concrets pour les populations. Le diplomate béninois a indiqué que les travaux s’inscrivent dans la continuité de la réunion virtuelle tenue le 26 juin dernier, au cours de laquelle les États membres avaient déjà formulé leurs observations sur le projet de Déclaration de Cotonou.
Pour le Bénin, hôte de cette septième édition après la rencontre organisée au Cap-Vert en 2025, cette réunion traduit l’attachement du pays au dialogue, à la coopération régionale et au multilatéralisme africain comme instruments de paix et de développement. Une communication inaugurale du préfet maritime du Bénin, le contre-amiral Maxime Ahoyo, autour du thème « Consolider un espace africain intégré », a introduit les réflexions sur les enjeux stratégiques liés à la gouvernance de l’espace atlantique africain. Les conclusions des experts seront soumises ce lundi aux ministres des Affaires étrangères, appelés à adopter la Déclaration de Cotonou.