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Présidentielle 2026 Les propositions de Paul Hounkpè pour le secteur de l'éducation

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Le secteur éducatif apparaît comme le socle du renouveau national prôné par le duo Hounkpè-Hounwanou Le secteur éducatif apparaît comme le socle du renouveau national prôné par le duo Hounkpè-Hounwanou

Accès universel, qualité des apprentissages, revalorisation des enseignants et adéquation formation-emploi. Le projet de société 2026-2033 de Paul Hounkpè, candidat de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), accorde une place stratégique à l’éducation. 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 31 mars 2026 à 07h06 Durée 3 min.
#élection présidentielle d’avril 2026 #Education

Diagnostic sans concession, réformes structurelles et ambition de refondation… Le secteur éducatif apparaît comme le socle du renouveau national prôné par le duo Hounkpè-Hounwanou. A raison, quand on sait que le porte-flambeau des cauris pour ce derby électoral est d’abord instituteur de formation. Dans le projet de société porté par la Fcbe, l’éducation est érigée en priorité nationale. Elle est perçue comme le levier fondamental de transformation sociale, de compétitivité économique et de consolidation démocratique. Fruit d’études prospectives menées à l’échelle nationale, en lien avec les standards internationaux de planification stratégique, cette vision repose sur une démarche participative ayant impliqué les communautés à la base. L’objectif affiché est de bâtir, à l’horizon 2033, un système éducatif capable de répondre aux besoins du pays et aux exigences d’un monde en mutation. Pour Paul Hounkpè, « le pilier du développement d’une nation, c’est l’éducation ». D’où la nécessité, selon lui, d’offrir des opportunités de formation dans tous les domaines de compétence.

Le projet éducatif de la Fcbe s’appuie sur une analyse rigoureuse des dysfonctionnements du système actuel. Plusieurs faiblesses majeures sont identifiées. D’abord, la question de la rétention scolaire, notamment au primaire, reste préoccupante. Ensuite, les performances académiques des apprenants sont jugées insuffisantes, comme en témoignent les résultats aux examens nationaux. Autre point de préoccupation, la faible adéquation entre formation et emploi. Le système éducatif produit des diplômés qui peinent à s’insérer dans le tissu économique, faute de compétences adaptées aux besoins du marché. À cela s’ajoutent des problèmes structurels persistants comme par exemple le déficit d’infrastructures, les sureffectifs dans les classes et amphithéâtres, l’insuffisance d’enseignants qualifiés, la précarité des Aspirants au métier d’enseignant (Ame), ainsi qu’une gouvernance jugée perfectible, notamment dans la gestion du personnel et des institutions universitaires.

Des inégalités sociales à corriger

Le projet met également en lumière des inégalités persistantes. Si l’accès à l’éducation est relativement équilibré entre filles et garçons au primaire, des disparités apparaissent aux niveaux secondaire et supérieur. Les conditions d’apprentissage restent par ailleurs difficiles dans plusieurs zones du pays, notamment en milieu rural, indique le projet. Les cantines scolaires, pourtant essentielles pour maintenir les enfants à l’école, souffrent de dysfonctionnements. De même, l’éducation des enfants en situation de handicap demeure insuffisamment prise en compte. L’enseignement préscolaire, encore peu développé, constitue également un maillon faible du système éducatif béninois. Ces égarements, la Team Hounkpè veut bien les corriger à condition de bénéficier de la confiance des Béninois le 12 avril.  

Pour répondre à ces défis, la Fcbe propose une série de mesures structurantes. La plus emblématique reste la gratuité et l’obligation de l’enseignement maternel et primaire, afin de garantir une égalité réelle des chances dès le bas âge. Le projet prévoit également une meilleure répartition des infrastructures scolaires sur le territoire, le renforcement et la bonne gestion des cantines scolaires, la réduction des disparités sociales et de genre dans l’accès à l’éducation. L’ambition est de construire un système éducatif inclusif, capable d’accueillir tous les enfants béninois dans des conditions dignes. Le programme de Paul Hounkpè accorde aussi une attention particulière à la situation des enseignants, considérés comme les acteurs clés de la réforme éducative. Parmi les mesures annoncées figurent le reversement des Ame dans la fonction publique, le renforcement de la formation initiale et continue et l’amélioration des conditions de travail et de vie des enseignants, sans oublier la réhabilitation des Écoles normales.

Une université à réformer en profondeur

L’enseignement supérieur n’est pas en reste dans ce projet de société. La Fcbe entend y introduire des réformes visant à améliorer la gouvernance, l’équité et la qualité des formations. Il est notamment proposé de restaurer l’élection des doyens et vice-doyens par leurs pairs, de revoir le système des bourses et allocations universitaires, de déconcentrer les services administratifs pour plus d’efficacité et de créer des centres universitaires thématiques. Le financement de la recherche scientifique et la protection de la propriété intellectuelle figurent également parmi les priorités, avec l’ambition de faire de l’université un moteur d’innovation.

Le projet de la Fcbe met un accent particulier sur la professionnalisation des cursus. Il s’agit de mieux aligner les formations sur les réalités économiques du pays. L’introduction des langues nationales dans le système éducatif est également envisagée, dans une perspective de valorisation culturelle et d’efficacité pédagogique. Enfin, la Fcbe propose une réforme institutionnelle du secteur éducatif, avec notamment le retour à un ministère unique de l’Éducation et la suppression du Conseil national de l’Éducation. L’objectif est de rendre le système plus lisible, plus cohérent et plus efficace. Toutefois, la réussite de cette ambition dépendra de plusieurs facteurs, notamment la mobilisation des ressources, la qualité de la gouvernance et l’adhésion des acteurs du système éducatif.