La Nation Bénin...
En vue de remplir convenablement leur mandat, les membres et personnel de la Commission béninoise des droits de l’Homme (Cbdh) s’approprient le nouveau cadre juridique de l'institution, mais aussi actualisent leurs connaissances sur les standards régionaux et internationaux de protection des droits humains. La formation, prévue pour durer deux jours, a été lancée lundi 23 février à Cotonou.
Une Commission béninoise des droits de l’Homme (Cbdh) plus performante passe avant tout par des membres et un personnel aguerris. Convaincus qu’il n’est de richesse que d’hommes, les responsables de la Cbdh ont initié deux jours de formation à l’endroit des membres et personnel de l’institution.
Ce renforcement des capacités vise à leur donner les outils nécessaires pour accompagner davantage et efficacement les commissaires dans la mise en œuvre de la vision commune qui est de faire de la Cbdh une institution crédible, réactive, au service exclusif de l'être humain. Au total, huit modules de formation portant sur diverses thématiques importantes, seront déroulés. Ils permettront aux bénéficiaires de monter en compétences afin que l’institution, à son tour, puisse atteindre les standards des meilleures institutions nationales des droits de l'homme.
La formation est importante surtout avec l’opérationnalisation de la loi n° 2024-22 du 26 juillet 2024 qui redéfinit les missions de l’institution avec des exigences accrues. « Pour remplir convenablement ce mandat, nous devons non seulement nous approprier ce nouveau cadre juridique, mais aussi actualiser nos connaissances sur les standards régionaux et internationaux de protection des droits humains… », explique Sidikatou Adamou Houedete, vice-présidente de la Cbdh, à l’ouverture des travaux. « L'expertise que détient chacun dans son domaine, poursuit-elle, doit désormais se fondre dans le moule des principes internationaux et de la légalité nationale. Chers collègues, qu'il s'agisse de la protection des libertés individuelles, du monitoring des lieux de privation de liberté ou de la promotion d'une culture des droits humains, tout ceci nécessite une harmonisation urgente de nos connaissances et une actualisation de nos méthodes pour être pleinement en phase avec notre mandat ».
D’après la responsable de la Cbdh, ce renforcement de capacités constitue une étape cruciale pour une meilleure appropriation des principes de Paris, une harmonisation de nos compréhensions de la mission de l’institution, une meilleure maîtrise des techniques d'investigation, de production des rapports, des avis, un échange fructueux sur le processus d'accréditation et autres. « Durant ces deux jours, nous allons poser les jalons d'une institution forte, capable de relever les défis de la promotion, de la protection et de la prévention, notamment au sein de nos deux sous-commissions. Travaillons alors pour une Cbdh forte, respectée et capable de répondre aux défis contemporains de notre pays », exhorte la vice-présidente.
Notions et techniques à révisiter
La formation est organisée et financée par l’Association francophone des Commissions nationales des droits de l'Homme (Afcndh). Michel Fors, secrétaire général de ladite association, fait savoir que les échanges vont porter sur des notions fondamentales des droits de l'Homme. « Ce sera un rappel, parce que j'imagine que vous connaissez déjà le cadre international des droits de l'homme dans lequel opèrent les institutions nationales des droits de l’Homme (Indh). Nous aurons ensuite une session sur le fonctionnement de ces institutions, avec un rappel des missions et principes de Paris, du mandat, des relations avec les partenaires nationaux et internationaux, du processus d'accréditation, ainsi que les techniques d'investigation, de rédaction administrative, de production des rapports et de communication », affirme-t-il. Le secrétaire général de l’Afcndh rappelle que cette formation vise à renforcer les connaissances et compétences des membres et à compléter les formations existantes pour le personnel, les commissaires en matière de mandat d'une Cbdh et en matière de mandat de mécanisme national de prévention de la torture.
Le gouvernement béninois place la dignité humaine, le respect des libertés et la gouvernance démocratique au cœur de son programme d'action. D’où les reformes opérées depuis quelques années. Gilbert Ulrich Togbonon, directeur adjoint de cabinet du ministre de la Justice, ne doute pas qu’à l’issue de la formation, les bénéficiaires auront les outils méthodologiques indispensables à une action efficiente, éclairée et proactive. « Ce renforcement de compétences contribuera à accroître la confiance des populations envers leurs institutions nationales, gage de justice, de paix sociale et de respect des droits fondamentaux », ajoute-t-il. Gilbert Ulrich Togbonon formule le vœu que les enseignements tirés de ces travaux soient immédiatement investis au service de l’institution afin de dynamiser davantage ses actions sur le terrain.
Le renforcement des capacités des membres et personnel de la Cbdh permet à l’institution de disposer des leviers adéquats pour la protection et la promotion des droits de l’Homme