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Modernisation du Port autonome de Cotonou: La plateforme connait de profondes transformations

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Le Bénin poursuit sa politique de transformation des infrastructures portuaires avec une ambition clairement affichée qui est de faire du Port autonome de Cotonou un hub logistique de référence en Afrique de l’Ouest. C’est dans cette dynamique que le ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, José Tonato, a effectué, vendredi 15 mai 2026, une visite de terrain sur plusieurs chantiers majeurs en cours au Port autonome de Cotonou.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 28 mai 2026 à 07h28 Durée 3 min.
#Port autonome de Cotonou

L’objectif de la descente du ministre José Tonato est de constater l’état d’avancement des travaux de modernisation engagés depuis plusieurs années au Port autonome de Cotonou (Pac) afin d’améliorer les capacités logistiques, opérationnelles et maritimes de la plateforme portuaire.

Le parking de Zongo, le Terminal 5 et le chantier d’extension du bassin portuaire avec la rénovation des quais nord, sont les sites stratégiques visités par le ministre, accompagné de Bart Van Eenoo, directeur général du Port autonome de Cotonou, et Charles-Bennett Fayomi, commandant de la capitainerie.

Premier arrêt de la délégation ministérielle, le parking de Zongo, dont la mise en service est annoncée pour les prochains jours. Cette infrastructure moderne pourra accueillir jusqu’à 700 camions et vise principalement à mettre fin au stationnement anarchique des poids lourds dans la ville de Cotonou. Selon le directeur général du Port autonome de Cotonou, ce projet constitue une réponse concrète aux difficultés de circulation observées quotidiennement autour de la zone portuaire. Il permettra non seulement de fluidifier le trafic urbain, mais aussi d’améliorer les conditions de travail et de repos des conducteurs routiers.

Le site comprend en effet plusieurs espaces d’accompagnement, notamment des zones de repos, des restaurants et divers services destinés aux camionneurs. «Cela va véritablement changer la vie des conducteurs de camions, qui sont les premiers clients du port», a souligné Bart Van Eenoo.

Le commandant de la capitainerie, Charles-Bennett Fayomi, a insisté sur l’impact urbain majeur de cette infrastructure. Avec près de 1 000 camions entrant et sortant quotidiennement du port, cette zone tampon permettra d’alimenter plus efficacement les bases logistiques situées à l’intérieur du domaine portuaire. À terme, les autorités espèrent une nette amélioration de la circulation aux abords du port ainsi qu’une réduction de la dégradation des voies urbaines causée par les poids lourds.

Le Terminal 5, une infrastructure inédite dans la sous-région

La visite s’est poursuivie sur le chantier du Terminal 5, présenté comme l’un des projets phares de la modernisation portuaire. Cette nouvelle infrastructure de 25 hectares a été construite sur l’océan grâce à d’importants travaux de remblayage réalisés avec des milliers de tonnes de sable marin.

Ce terminal sera entièrement dédié aux produits vraquiers, notamment le riz importé en vrac, les engrais ainsi que le karité exporté vers les marchés internationaux. Pour les responsables portuaires, cette spécialisation permettra d’améliorer considérablement les performances logistiques du port et de réduire les délais de traitement des marchandises.

Sur le terrain, la délégation ministérielle a pu observer les imposantes poutres de couronnement du futur quai maritime. Sur les 550 mètres prévus, 320 mètres sont déjà achevés. Les travaux d’excavation se poursuivent afin de permettre le démarrage des opérations maritimes dès le mois d’août 2026.

Le Terminal 5 est perçu comme une infrastructure stratégique appelée à renforcer la compétitivité du Port autonome de Cotonou dans le trafic des marchandises en vrac. Pour les autorités portuaires, il s’agit d’un équipement unique dans la sous-région ouest-africaine.

La dernière étape de cette visite a conduit le ministre José Tonato sur le chantier d’extension du bassin portuaire et de rénovation des quais nord. Ces infrastructures, construites entre les années 1960 et 1980, sont aujourd’hui jugées inadaptées face à l’évolution du transport maritime international.

Avec l’augmentation constante de la taille des navires commerciaux, le Port de Cotonou entend désormais se positionner parmi les plateformes capables d’accueillir les plus grands bâtiments maritimes au monde. Les nouveaux quais seront portés à une profondeur de 16 mètres, contre des capacités plus limitées auparavant.

Selon les responsables du port, environ la moitié des travaux a déjà été réalisée. La livraison complète du chantier est attendue avant la fin de l’année 2026. Une fois achevées, ces nouvelles installations permettront au Port de Cotonou d’accueillir des navires de plus en plus imposants.

Charles-Bennett Fayomi a rappelé que le port est déjà passé d’une capacité maximale de 275 mètres de longueur de navires à près de 335 mètres aujourd’hui. D’ici quelques mois, les installations permettront de recevoir des navires atteignant 366 puis 400 mètres de long.

« Nous entrons dans une autre dimension », a-t-il déclaré, estimant que Cotonou pourra désormais rivaliser avec les grandes plateformes portuaires africaines aussi bien dans le trafic de vrac que dans celui des conteneurs.

Au-delà des infrastructures maritimes, les autorités portuaires ont également présenté au ministre un site logistique offshore aménagé pour soutenir l’exploitation pétrolière du bloc de Sèmè. Initialement conçu pour accompagner les opérations d’exploration, ce site sert désormais de base logistique pour les activités d’exploitation du pétrole béninois.

Au terme de la visite, le ministre José Tonato a formulé plusieurs recommandations techniques afin d’assurer une exécution rigoureuse des travaux dans les délais prévus. Cette visite de terrain confirme la volonté du gouvernement béninois de renforcer durablement la compétitivité du Port autonome de Cotonou et d’en faire un moteur essentiel de croissance économique pour le Bénin et toute la sous-région ouest-africaine.