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Mairie de Cotonou: Luc Gnacadja appelle le personnel à la « transformation »

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La méthode Gnacadja pour développer Cotonou La méthode Gnacadja pour développer Cotonou

A travers une rencontre directe avec les agents municipaux, Luc Gnacadja, maire de Cotonou, a posé les bases d’une nouvelle dynamique de gouvernance. Entre reconnaissance du potentiel interne et appel à une introspection collective, il invite le personnel à identifier et corriger les blocages invisibles qui freinent l’efficacité de l’action publique.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 06 mai 2026 à 07h00 Durée 3 min.
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A Cotonou, le ton est donné. Le maire Luc Gnacadja a choisi de rencontrer son personnel pour engager un dialogue franc et orienté vers la transformation. Dans une intervention à la fois lucide et mobilisatrice, il a partagé sa lecture des défis de la ville, tout en appelant les agents municipaux à devenir les premiers acteurs du changement.

Dès l’entame, le maire a tenu à saluer l’engagement des équipes. « Ce que j’ai découvert, c’est un personnel motivé et engagé », a-t-il déclaré, reconnaissant ainsi les efforts déjà consentis. Une reconnaissance qui n’est pas anodine dans un contexte où la performance des administrations locales est souvent mise à  rude épreuve. Mais au-delà de cet encouragement, Luc Gnacadja a voulu aller plus loin en identifiant un levier fondamental : le potentiel humain. « J’ai vu un potentiel en certains d’entre vous », a-t-il poursuivi, invitant implicitement chacun à prendre conscience de sa capacité à contribuer à l’amélioration du service public. Pour lui, la transformation de la ville ne repose pas uniquement sur les investissements financiers ou les infrastructures visibles, mais surtout sur la qualité des dynamiques internes.

C’est d’ailleurs là que réside le cœur de son message. « Souvent, nous considérons que le défi d’une ville, ce sont les milliards à investir. Mais en réalité, je n’appréhendais pas à quel point les systèmes invisibles rendent infructueux les milliards investis », a-t-il confié. Une analyse qui met en lumière les dysfonctionnements structurels, souvent imperceptibles, mais déterminants dans l’efficacité des politiques publiques.

Ces « systèmes invisibles », selon le maire, regroupent l’ensemble des pratiques, habitudes, circuits informels et mécanismes internes qui influencent le fonctionnement de l’administration. Qu’il s’agisse de lenteurs administratives, de défauts de coordination ou de failles dans la gestion des ressources, ces éléments constituent autant de freins au développement harmonieux de la ville.

Agir

Face à ce constat, Luc Gnacadja propose une démarche qui consiste à rendre visibles ces mécanismes pour mieux les transformer. « Ce sont ces systèmes invisibles qu’il faut rendre visibles afin de les transformer, les ajuster », a-t-il insisté. Une approche qui repose sur la transparence, l’analyse collective et la volonté de changement.

Dans cette perspective, le maire a lancé un appel direct à son personnel. « Je voudrais vous inviter à ce que nous nous mettions ensemble pour débusquer les systèmes invisibles qui empêchent d’avancer, qui empêchent que les recettes aillent là où elles doivent aller », a-t-il exhorté. L’objectif est d’instaurer une culture de responsabilité partagée, où chaque agent devient un acteur de la réforme.

Cette vision s’appuie sur une connaissance approfondie de la ville. Luc Gnacadja n’est pas un observateur extérieur : il a étudié, enseigné et travaillé sur les dynamiques urbaines, aussi bien au Bénin qu’à l’international. Cette expérience nourrit son approche, qui combine rigueur analytique et pragmatisme opérationnel.

Au-delà des concepts, le message du maire est résolument tourné vers l’action. Il s’agit de créer une convergence de regards et d’efforts au sein de l’administration municipale.

« Le défi que nous avons nous est posé parce que nous en avons le potentiel », a-t-il affirmé, traduisant ainsi sa conviction que les solutions existent déjà, à condition de les activer.

Pour les agents municipaux, cet appel sonne comme une invitation à sortir des schémas habituels et à s’engager dans une dynamique de transformation continue. L’amélioration de la qualité des services aux usagers, la transparence dans la gestion des ressources et l’efficacité des actions publiques sont autant d’objectifs visés.

En filigrane, c’est une nouvelle culture administrative que Luc Gnacadja tente d’instaurer à Cotonou. Une culture fondée sur l’écoute, la responsabilisation et la recherche permanente de performance. Dans un contexte urbain marqué par des défis croissants, cette approche pourrait constituer un tournant décisif.