La Nation Bénin...
La lutte contre les faux médicaments s’intensifie au Bénin. Face à un fléau aux conséquences souvent mortelles, les autorités sanitaires ont engagé une riposte ferme, mêlant sensibilisation des populations et répression. C’est dans ce contexte que le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique est sorti de sa réserve, ce mardi 20 janvier à Cotonou, pour faire le point sur ses actions et rappeler son rôle stratégique dans la régulation du médicament.
Produits sans principe actif, dosages insuffisants ou substances toxiques. Les médicaments de qualité inférieure ou falsifiés constituent une menace directe pour la santé publique. Leur circulation expose les patients à des échecs thérapeutiques, à des complications graves, voire à la mort. Les autorités sanitaires entendent désormais rompre avec toute forme de tolérance. « Les faux médicaments mettent directement des vies en danger. Ils peuvent être inefficaces, aggraver la maladie ou provoquer des effets toxiques graves », a averti Nathalie Migan Diogo, présidente du Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique, lors du point de presse ce mardi 20 janvier. Cette détermination se traduit par une intensification des opérations de terrain. Elle fait savoir qu’en 2025, plus de 150 opérations conjointes ont été menées à travers le pays, ayant permis la saisie de plus de 250 tonnes de faux médicaments, selon des données encore en cours de consolidation. Des chiffres qui illustrent l’ampleur du phénomène, mais aussi la montée en puissance de la riposte.
La lutte contre les faux médicaments repose sur une coopération étroite entre plusieurs institutions dont l’Agence béninoise du médicament et des autres produits de santé, la police républicaine, la douane et les autorités judiciaires. Cette synergie permet de renforcer les contrôles aux frontières, de démanteler les réseaux de distribution illicites et de poursuivre les auteurs de ce trafic. « Cette collaboration interinstitutionnelle structurée positionne aujourd’hui le Bénin comme une référence régionale dans la lutte contre les faux médicaments », a souligné Nathalie Migan Diogo, mettant en avant les résultats obtenus grâce à cette approche concertée. Parallèlement aux actions répressives, des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées pour alerter les populations sur les dangers liés à l’achat de médicaments hors des circuits légaux. C’est d’ailleurs pour consolider cette dynamique que le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique a été mis en place en septembre 2022, dans le cadre des réformes engagées pour renforcer durablement le système de santé.
Quatre axes pour une gouvernance renforcée
Le sous-secteur pharmaceutique ne se limite pas aux médicaments. Il repose sur une organisation complexe et coordonnée, mobilisant plusieurs acteurs ayant un objectif commun. Celui de garantir à la population un accès équitable à des médicaments sûrs, efficaces et de qualité. L’action du Conseil de surveillance s’articule autour de quatre axes majeurs. Le premier concerne l’orientation et le contrôle des activités des institutions clés du sous-secteur pharmaceutique, afin de s’assurer que les produits mis sur le marché respectent les normes de qualité et de sécurité. Le Conseil effectue régulièrement des missions de terrain pour évaluer les performances des structures, identifier les dysfonctionnements et proposer des actions correctives. « Il était indispensable de mettre en place un mécanisme rigoureux de coordination et de suivi, au regard de la complexité du sous-secteur et du nombre d’acteurs impliqués », a informé Nathalie Migan Diogo. Le deuxième axe porte sur le rôle d’instance de recours. Depuis sa création, le Conseil a traité 22 saisines émanant des acteurs du secteur, chacune ayant donné lieu à des recommandations ou à des décisions concrètes, dont le suivi est assuré. Le troisième axe vise l’amélioration du cadre législatif et réglementaire, à travers des réflexions prospectives destinées à accompagner l’évolution du sous-secteur pharmaceutique. Le quatrième, et sans doute le plus sensible, concerne la coordination de la lutte contre les faux médicaments. « Notre engagement est constant: renforcer la régulation, accompagner les institutions et contribuer activement à l’éradication des faux médicaments », a affirmé la présidente du Conseil, appelant les populations à la vigilance. Elle a exhorté les citoyens à se procurer leurs médicaments exclusivement dans les structures pharmaceutiques autorisées, rappelant que chaque médicament acheté dans la rue peut mettre une vie en danger. Le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique entend inscrire durablement la lutte contre les faux médicaments au cœur des priorités de santé publique au Bénin.
Les autorités sanitaires multiplient les actions pour mettre un terme à un trafic aux conséquences dramatiques