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La réforme structurelle de la décentralisation a institué le Fonds d’investissement communal (Fic), destiné à moderniser la gestion financière des collectivités territoriales et à renforcer leur capacité d’investissement. La nomination de Réginal Koumagbèafidé comme directeur général du fonds, lors du Conseil des ministres du mercredi dernier, annonce le démarrage effectif des activités du Fic.
Le Fonds d’investissement communal est conçu pour devenir un instrument stratégique au service du développement local. Son rôle principal consiste à soutenir financièrement les projets des communes et des Etablissements publics de coopération intercommunale (Epci), tout en garantissant un accès équitable et transparent aux ressources financières. Il s’agit d’un dispositif moderne, qui dépasse le simple transfert de fonds pour offrir un accompagnement structuré aux collectivités dans la conception, la mise en œuvre et le suivi de leurs projets.
Le Fonds d’investissement communal a pour mission de répondre aux besoins de financement des collectivités territoriales, en leur fournissant non seulement des ressources, mais également un appui technique et méthodologique. Les communes pourront ainsi bénéficier de mécanismes de financement additionnels pour la réalisation de projets structurants, allant de la construction d’infrastructures à la mise en place de services publics essentiels.
Le Fic se distingue également par son rôle de redistribution solidaire des ressources, en appliquant le principe de péréquation afin de garantir que toutes les collectivités, quelles que soient leur taille ou leur situation économique, puissent accéder à un financement adéquat. Cette approche permet de corriger certaines inégalités entre les territoires et de favoriser un développement équilibré à l’échelle nationale.
Un autre volet central du fonds concerne le renforcement des capacités locales. Les communes bénéficieront d’un accompagnement dans des domaines tels que l’analyse financière, la gestion budgétaire, le montage de dossiers de financement et la planification stratégique. De cette manière, le Fic vise à professionnaliser la gestion des ressources locales et à développer une culture de performance et de transparence au sein des collectivités.
Le suivi et l’évaluation des projets financés constituent également une prérogative essentielle du Fic. Chaque projet sera évalué tant au niveau intra-communal qu’intercommunal pour assurer sa pertinence, son efficacité et son impact réel sur le développement local. Le fonds aura également la responsabilité de centraliser la collecte et la gestion des financements intérieurs et extérieurs, y compris les rétrocessions de l’État issues de la fiscalité partagée. Il pourra par ailleurs effectuer des opérations de gestion financière, telles que le placement de fonds, afin d’optimiser les ressources et sécuriser les investissements.
Exit le FADeC
Le Fonds d’investissement communal s’inscrit dans le cadre du Code de l’administration territoriale, qui formalise la réforme structurelle de la décentralisation. Avec sa mise en place, le Fonds d’appui au développement des communes (FADeC), qui a longtemps servi de principal canal de transfert des ressources de l’État vers les communes, est désormais remplacé.
Le FADeC a permis de réaliser des avancées importantes dans le financement des collectivités locales, mais certaines limites ont été constatées, notamment en termes de suivi des projets et de transparence dans la répartition des ressources. Le Fic entend remédier à ces insuffisances en proposant un cadre plus stratégique et mieux adapté aux exigences actuelles de gouvernance et de performance.
Dans ce contexte, les communes devraient bénéficier d’un accompagnement renforcé pour monter des projets structurants et répondre aux besoins spécifiques en infrastructures ou en services de base. L’objectif est de consolider le rôle des collectivités territoriales comme acteurs majeurs du développement local.
Le Fic introduit également une approche plus diversifiée dans le financement des collectivités. Outre les transferts classiques de l’Etat, le fonds peut mobiliser des ressources provenant de partenariats public-privé, de la coopération décentralisée, de bailleurs internationaux ou encore de recettes générées directement par les communes.
Cette diversification des sources vise à assurer la stabilité et la continuité du financement local, en réduisant la dépendance des collectivités vis-à-vis de l’État. Elle encourage également les communes à devenir des acteurs autonomes et proactifs dans la mobilisation de leurs ressources.
Le fonds ne se limite pas à la simple distribution d’argent. Il accompagne les communes dans la conception, la mise en œuvre et le suivi de leurs projets de développement, avec un soutien méthodologique pour garantir que les ressources mobilisées soient utilisées efficacement et durablement. Les domaines concernés incluent la planification stratégique locale, l’ingénierie de projet, la gestion financière et budgétaire, ainsi que l’évaluation des résultats et des impacts.
Nouvelle étape
La mise en place du Fic constitue un véritable changement de paradigme dans la décentralisation. Il ne s’agit plus uniquement de transférer des compétences et des ressources aux collectivités locales, mais de créer un système territorial intégré de gouvernance et de développement. Ce dispositif met l’accent sur la responsabilité, l’efficacité et la participation citoyenne.
Le Fic est conçu pour professionnaliser davantage la gestion des ressources financières locales et améliorer la traçabilité et le contrôle de l’utilisation des fonds publics. Les communes devront respecter des critères stricts de performance pour accéder aux financements, ce qui favorisera une saine émulation et une montée en compétence progressive du système territorial.
Par ailleurs, la nomination de Réginal Koumagbèafidé comme directeur général marque une étape concrète dans la mise en œuvre du fonds. Sa mission sera de piloter le Fic et de garantir que ses objectifs de transparence, de redevabilité et de performance soient atteints.
A long terme, le Fonds d’investissement communal ambitionne de transformer la manière dont les communes gèrent leurs finances et développent leurs territoires. Il vise à créer un cadre durable pour un développement équilibré et inclusif, en mettant en place des mécanismes solides de suivi, d’évaluation et d’optimisation des ressources.
Le passage du FADeC au Fic illustre la volonté du gouvernement de faire des collectivités locales de véritables moteurs de développement économique et social. Les communes pourront désormais concevoir et mettre en œuvre des projets d’envergure, attirer de nouveaux financements et répondre de manière plus efficace aux attentes des citoyens en matière de services publics.
Le succès du Fic dépendra de la capacité des communes à s’approprier les nouveaux outils, de l’effectivité de l’accompagnement prévu et de la rigueur dans l’application des principes de transparence et d’équité. Avec la mise en place de ce fonds et la nomination de son directeur général, les bases d’une décentralisation plus structurée et orientée vers le développement local sont désormais posées.
Réginal Koumagbéafidé, directeur général du Fic