La Nation Bénin...
En déplacement à l'Université d’Abomey-Calavi, le candidat à la présidentielle Romuald Wadagni a échangé avec les étudiants sur les défis de l’enseignement supérieur, ce lundi 23 mars. Un dialogue direct au cours duquel il a exposé ses ambitions et reconnu les insuffisances actuelles du secteur.
Une rencontre entre Romuald Wadagni et les étudiants a permis aux deux parties de se projeter dans l’avenir. Organisée au lendemain de la présentation de son projet de société, elle s’inscrit dans une démarche de dialogue avec les différentes composantes de la nation, à l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2026. Face aux étudiants, le candidat a d’emblée reconnu les insuffisances dans le secteur de l’enseignement supérieur.
« C’est là où, en matière d’investissement, nous avons fait le moins possible », a-t-il admis, tout en rassurant son auditoire sur la volonté de corriger ces manquements. Il a insisté sur le fait que les étudiants ne doivent pas se sentir « abandonnés », évoquant les réformes engagées et les projets en cours. Au cœur de son intervention, Romuald Wadagni a mis en avant les efforts en cours pour améliorer les conditions de vie et d’étude dans l'enseignement supérieur. Il a notamment évoqué un financement de 300 millions de dollars obtenu auprès de la Banque mondiale pour le secteur de l’éducation, précisant que les premiers contrats ont déjà été signés.
Reconnaissant les attentes persistantes sur des questions concrètes comme le transport, le logement ou la restauration, il a apporté des précisions sur les mesures en préparation. Selon lui, une première vague de bus universitaires est attendue d’ici fin juin, avec une livraison complète prévue au plus tard en septembre. « Pour la prochaine rentrée, on aura des bus flambant neufs », a-t-il assuré.
Il a également annoncé la rénovation des infrastructures de restauration et des résidences universitaires, des projets confiés à la Société immobilière et d’aménagement urbain (Simau), avec des changements attendus dès la prochaine rentrée académique.
Une ambition de transformation structurelle
Au-delà des mesures immédiates, le candidat a développé une vision à long terme pour l’enseignement supérieur. Il a défendu l’idée d’un Bénin tourné vers l’innovation et capable d’exporter des solutions technologiques. Une ambition qui, selon lui, passe nécessairement par un investissement massif dans la formation des jeunes. Romuald Wadagni a insisté sur la nécessité de repenser les filières de formation pour les adapter aux besoins futurs du pays. Il a plaidé pour une révision des filières sur les priorités éducatives à horizon des 10, 20 et 30 prochaines années, avec la possibilité de rendre gratuites certaines filières jugées stratégiques. « les étudiants engagés dans les filières prioritaires n’auront plus à payer quoi que ce soit pour leur scolarité », a-t-il indiqué.
Dans cette perspective, il a rappelé le choix politique visant à orienter 70 % des jeunes vers l’enseignement technique et professionnel. Une orientation qui nécessite, selon lui, des ajustements en profondeur depuis le secondaire jusqu’au supérieur. S’adressant directement aux étudiants, le candidat a tenu à valoriser leur potentiel. « Vous n’êtes pas moins brillants que quiconque », a-t-il déclaré, estimant que les jeunes Béninois excellent dès lors qu’ils bénéficient de conditions adéquates.
Il a articulé son message autour de trois axes principaux : rassurer sur les investissements en cours, affirmer le rôle central de l’enseignement supérieur dans le développement du pays, et encourager l’ouverture au changement, notamment au niveau des enseignants. A ces derniers, il a lancé un appel à l’innovation pédagogique et à l’expérimentation, tout en garantissant une démarche fondée sur le dialogue. « Si ça ne marche pas, on va arrêter, on va changer », a-t-il assuré.
Face aux étudiants, Romuald Wadagni a insisté sur la nécessité de repenser les filières de formation pour les adapter aux besoins futurs du pays