La Nation Bénin...
La Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) a livré, le 16 janvier, sa déclaration sur le monitoring du processus des élections législatives et communales du 11 janvier.
A l’issue d’une mission déployée sur l’ensemble du territoire national, la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) dresse un tableau nuancé du scrutin, marqué par un climat majoritairement calme et sans violence, mais entaché de quelques atteintes aux droits fondamentaux, notamment en matière d’accessibilité, de participation politique et d’égalité. En effet, dans le cadre de son mandat de promotion et de protection des droits humains, la Cbdh a mis en place un mécanisme de surveillance couvrant toutes les phases du processus électoral. Ce monitoring, financé sur le budget général des élections, s’est déroulé dans le contexte particulier de couplage des élections législatives et communales. L’objectif affiché était de garantir la transparence, l’équité et le respect des libertés fondamentales, conformément aux normes nationales et internationales.
Au total, 164 moniteurs, dont 43 femmes, ont été déployés sur l’ensemble du territoire national, avec au moins deux observateurs par commune. Ces équipes ont couvert 2 641 postes de vote sur 17 749 opérationnels, soit une couverture de 14 %, permettant à la Cbdh de dégager les grandes tendances du scrutin.
Le jour du vote, la Commission a constaté que le scrutin s’est déroulé sans incident majeur. Les droits à la sécurité, à l’intégrité physique et au vote libre et secret ont été globalement respectés. La présence des forces de défense et de sécurité a été jugée visible et professionnelle dans plus de 80 % des postes de vote observés, contribuant à un climat serein. La liberté de la presse, la liberté de réunion et d’association ont également été exercées sans entrave majeure tout au long du processus.
Cependant, la Cbdh relève plusieurs dysfonctionnements notables consignés dans le rapport lu par le président de l’institution, le professeur Abou-Bakari Imorou. Près de 20 % des postes de vote ont ouvert avec retard, parfois de plusieurs heures, notamment dans les départements de l’Atlantique et du Littoral. Ces retards, liés principalement à l’acheminement tardif du matériel électoral, ont entraîné des fermetures tardives et des opérations de dépouillement parfois interrompues, affectant la fluidité du processus.
Des insuffisances matérielles ont également été relevées dans certains centres, notamment l’absence de registres, de bulletins ou d’isoloirs, obligeant les agents électoraux à recourir à des solutions improvisées. Si l’authentification des bulletins a été correctement effectuée dans plus de 97 % des postes observés, quelques cas de non-respect des procédures ont été signalés. La question de l’accessibilité demeure l’un des points sensibles du scrutin. La Cbdh note que, dans plusieurs postes, les personnes handicapées, les personnes âgées ou à mobilité réduite ont rencontré des difficultés pour voter, en raison de l’absence de rampes d’accès, de postes situés à l’étage ou de dispositions matérielles inadaptées. Ces situations constituent, selon la Commission, une atteinte au droit de vote des personnes vulnérables.
Sur le plan de la participation politique, la Cbdh relève que tous les partis politiques légalement reconnus n’ont pas pu prendre part aux élections communales, soulevant des interrogations sur l’effectivité du droit à la participation. La Commission a également noté quelques cas d’intimidations et de pressions sur des électeurs, ainsi que l’impossibilité pour les détenus non condamnés d’exercer leur droit de vote, en violation du principe de la présomption d’innocence. Malgré ces manquements, la Cbdh souligne son rôle actif dans la prévention et la cessation de certaines violations, notamment par la délocalisation de postes de vote, l’appui au démarrage effectif du scrutin dans certains centres et la sensibilisation des agents électoraux. A juste titre, elle adresse ses remerciements au gouvernement, à la Cena, aux partenaires techniques et financiers, aux organisations de la société civile, aux forces de sécurité et aux médias pour leur collaboration. Ainsi, la Commission béninoise des droits de l’homme estime que les élections du 11 janvier 2026 se sont déroulées dans un climat majoritairement calme et sans violence, tout en appelant à des améliorations substantielles du processus électoral. Elle insiste sur la nécessité de renforcer l’inclusivité, de garantir pleinement les droits des personnes vulnérables et de corriger les dysfonctionnements observés afin de consolider la démocratie au Bénin.