La Nation Bénin...
Le Conseil des ministres du mercredi 11 mars 2026 a décidé d’engager les travaux de délimitation des zones marécageuses à préserver dans le Grand Nokoué. Cette initiative vise à protéger les plans d’eau naturels et les zones humides, qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les inondations et la préservation des écosystèmes urbains dans la plus grande agglomération du Bénin.
La conciliation de l'urbanisation et de la protection de l’environnement dans le Grand Nokoué suit son cours, conformément aux orientations du gouvernement. À l’issue du Conseil des ministres, il a été annoncé qu’environ 530 hectares de zones humides et marécageuses seront prochainement délimités et préservés dans cette vaste agglomération. Sur cette superficie, près de 500 hectares se situent dans la commune de Cotonou, tandis qu’environ 30 hectares concernent Sèmè- Podji.
Cette initiative vise à protéger ces espaces naturels, indispensables à la régulation des eaux pluviales, à la réduction des risques d’inondation et à la préservation des écosystèmes urbains.
Le Grand Nokoué constitue aujourd’hui le principal pôle urbain du Bénin. Cette grande agglomération regroupe cinq communes majeures : Ouidah, Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè-Podji et Porto-Novo. Elle concentre une part importante de la population, des activités économiques et des infrastructures du pays, ce qui exerce une forte pression sur les espaces urbains et les ressources naturelles.
Dans ce contexte, le projet décidé par le gouvernement prévoit la délimitation d’environ 30 hectares de zones humides à Sèmè-Podji et de près de 500 hectares de zones marécageuses à Cotonou. L’objectif est de préserver ces espaces naturels qui contribuent activement à la régulation des eaux de pluie et à la réduction des risques d’inondation, tout en protégeant les écosystèmes fauniques et aquatiques qui y sont présents.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des nombreux chantiers engagés par l’État au cours de la dernière décennie pour moderniser le cadre de vie dans les villes du Grand Nokoué. Depuis plusieurs années, le gouvernement a lancé d’importants programmes d’infrastructures et d’assainissement destinés à améliorer les conditions de vie des populations urbaines.
Parmi ces initiatives figure notamment le Programme d’asphaltage, qui a permis de transformer le réseau routier urbain dans plusieurs communes du pays. À cela s’ajoute la réforme du système de gestion des déchets ménagers, marquée par la mise en place de la Société de gestion des déchets et de la salubrité (Sgds), chargée de la collecte et du traitement des déchets dans les grandes villes.
Dans la même dynamique, le gouvernement a engagé le Programme d’assainissement pluvial de Cotonou, ainsi que le Programme d’assainissement pluvial des villes secondaires. Ces projets visent à doter les centres urbains de réseaux modernes de drainage des eaux pluviales afin de réduire les inondations récurrentes pendant les saisons de pluie.
Le Programme d’assainissement pluvial de Cotonou constitue, à ce titre, l’un des projets structurants engagés pour lutter durablement contre les inondations dans la capitale économique. Il prévoit la réalisation de nombreux ouvrages de drainage, notamment des bassins de rétention, des collecteurs d’eaux pluviales et des caniveaux de grande capacité dans plusieurs quartiers de la ville. À travers ces aménagements, l’État entend améliorer l’évacuation des eaux de pluie, réduire les stagnations d’eau et renforcer la résilience de Cotonou face aux épisodes de fortes précipitations.
Vers des villes plus durables
L’ensemble de ces projets traduit la volonté des autorités de promouvoir un modèle de ville durable dans les communes du Grand Nokoué. Toutefois, malgré les investissements importants consentis dans les infrastructures urbaines, plusieurs défis demeurent.
En effet, les communes de cette agglomération sont confrontées à des problèmes anciens d’urbanisation, notamment l’occupation anarchique des espaces naturels, les conflits domaniaux et l’installation progressive d’habitations dans les lits des plans d’eau et les zones marécageuses.
Or, ces zones humides jouent un rôle déterminant dans l’équilibre écologique et la gestion naturelle des eaux. Les vastes domaines marécageux du Grand Nokoué constituent en réalité des espaces de régulation hydrologique capables d’absorber une grande partie des eaux pluviales lors des fortes précipitations.
Malheureusement, ces espaces subissent chaque année une pression humaine croissante. L’expansion rapide de l’urbanisation entraîne la réduction progressive de ces zones naturelles, ce qui limite leur capacité d’absorption des eaux et accentue les risques d’inondation dans plusieurs quartiers.
Cette situation compromet également l’efficacité des projets d’assainissement pluvial en cours dans les principales communes de la zone sud du pays. Lorsque les zones naturelles de rétention disparaissent sous la pression de l’urbanisation, les infrastructures de drainage mises en place ne suffisent plus à évacuer correctement les volumes d’eau en période de fortes pluies.
Face à cette problématique, le gouvernement entend agir de manière préventive afin de protéger ces espaces stratégiques. Les travaux de délimitation des zones marécageuses permettront d’identifier clairement les périmètres à préserver et d’empêcher leur occupation illégale ou leur transformation en zones d’habitation.