La Nation Bénin...
Magistrats, experts et responsables institutionnels de plusieurs pays du golfe de Guinée prennent part du lundi 2 au mercredi 4 février à Cotonou, à un atelier régional consacré à la lutte contre le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme. Organisée dans le cadre du projet du Bureau d’entraide pénale international (Bepi), la rencontre vise à renforcer la coopération judiciaire et à harmoniser les pratiques face à des menaces transnationales de plus en plus complexes.
Résolument engagé dans la préservation de l’intégrité de son système économique et financier, le Bénin intensifie sa lutte contre le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme, deux fléaux transnationaux dont l’ampleur et la sophistication ne cessent de croître. Cette volonté s’est une nouvelle fois traduite par l’organisation, du 2 au 4 février à Cotonou, d’un atelier régional consacré à ces formes graves de criminalité économique et financière, réunissant magistrats, experts et responsables institutionnels de plusieurs pays du golfe de Guinée, dans le cadre du projet du Bureau d’entraide pénale international (Bepi). L’objectif est de renforcer les mécanismes de coopération judiciaire afin de mieux prévenir, détecter et réprimer des infractions qui fragilisent les économies, alimentent l’insécurité et menacent la stabilité sociale des Etats. Innocentia Apovo Monteiro, directrice du Bureau de coopération et d’entraide judiciaire du Bénin, a salué la pertinence et l’impact du projet Bepi dans le renforcement des capacités des acteurs judiciaires. Depuis son admission au projet en juillet 2024, le Bénin s’est engagé activement dans la mise en œuvre des différentes activités prévues. « Cette participation a permis une meilleure visibilité du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaire, qui est une jeune structure du ministère de la Justice », a-t-elle souligné. Elle a également mis en avant les progrès réalisés en matière de coopération nationale, régionale et internationale, ainsi que la mise en place d’une plateforme, qui permet la gestion et le suivi numérique des demandes d’entraide judiciaire. Pour Innocentia Apovo Monteiro, la thématique de l’atelier revêt une importance capitale. Le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme constituent, selon elle, des menaces majeures pour la stabilité économique, la sécurité nationale et la paix sociale des Etats. Ces phénomènes favorisent la criminalité transnationale organisée et rendent indispensable une action coordonnée à travers la coopération judiciaire qui est un levier incontournable.
L’appel à une riposte collective
Présidant la cérémonie d’ouverture, Florentin Gbodou, directeur de cabinet du ministre de la Justice et de la Législation, a rappelé que ces infractions présentent très souvent un caractère transnational. Les groupes criminels exploitent les failles des frontières, les vulnérabilités institutionnelles et les innovations technologiques pour échapper à la justice. Face à cette réalité, une riposte strictement nationale montre rapidement ses limites.
« La réponse purement nationale peine à engranger des résultats satisfaisants », a-t-il reconnu, soulignant l’importance d’une coopération régionale efficace et harmonisée. Depuis plus de deux ans, le projet Bepi multiplie les activités de renforcement des capacités des services judiciaires afin de promouvoir l’harmonisation des pratiques et l’échange d’informations. Florentin Gbodou a salué le rôle déterminant du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaire du Bénin, qui facilite au quotidien la coordination entre autorités compétentes, tant au niveau national qu’international. Selon lui, l’atelier de Cotonou constitue un cadre privilégié de partage d’expériences, de bonnes pratiques et de réflexion stratégique, dans un esprit de solidarité et de responsabilité partagée.
Pour Loïc Guérin, expert technique du projet Bepi, la lutte contre le blanchiment est indissociable de la lutte contre les autres formes de criminalité transnationale. « Le crime produit des profits illicites, des flux financiers illicites qui nourrissent ensuite la corruption, le désordre et la violence », a-t-il expliqué. Le blanchiment vise précisément à réintroduire ces flux dans l’économie légale afin de permettre aux criminels de jouir des biens mal acquis. D’où l’importance de mieux comprendre ces mécanismes et de renforcer les capacités des magistrats et services d’entraide judiciaire, à les détecter et à les neutraliser. Au terme des travaux, les participants sont appelés à formuler des recommandations concrètes, pragmatiques et adaptées aux réalités des Etats concernés. L’ambition est de renforcer durablement l’efficacité des dispositifs nationaux et régionaux de lutte contre le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme.
Cotonou accueille un atelier de formation du projet Bepi, pour lutter efficacement contre le blanchiment des avoirs criminels et le financement du terrorisme