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Les conseillers communaux d’Abomey ont tenu, les 28 et 29 avril derniers, la première session ordinaire de la 5? mandature. Entre décisions financières, coopération intercommunale et réformes structurelles, l’équipe dirigée par Franck Mètolé Kpassassi affiche ses priorités pour impulser une nouvelle dynamique de développement.
C’est dans un contexte marqué par les attentes des populations et les enjeux de gouvernance locale que le Conseil communal d’Abomey a tenu, les 28 et 29 avril 2026, sa première session ordinaire au titre de la nouvelle mandature. Une rencontre stratégique qui a permis aux élus locaux de poser les jalons de leur action pour les années à venir, sous la houlette du maire Franck Mètolé Kpassassi.
A l’ouverture des travaux, l’accent a été mis sur la nécessité de doter l’institution communale d’un cadre de fonctionnement clair et consensuel. C’est dans cette optique que les conseillers ont procédé à l’adoption du règlement intérieur du Conseil communal au titre du premier trimestre. Ce document fondamental encadre l’organisation des sessions, les modalités de délibération ainsi que les responsabilités des différents acteurs. Son adoption marque une étape essentielle dans la consolidation de la gouvernance locale et le bon déroulement des activités communales.
Au cœur des débats, les questions financières ont occupé une place de choix. Le Conseil communal a validé le compte administratif de l’exercice 2025, tout en procédant à l’affectation des résultats. Face au déficit constaté, les élus ont opté pour des mesures de redressement visant à assainir les finances de la commune. Cette décision traduit une volonté de transparence et de rigueur dans la gestion des ressources publiques, dans un contexte où les collectivités territoriales sont de plus en plus attendues sur leur capacité à mobiliser et à optimiser leurs moyens.
Dans une dynamique d’ouverture et de coopération, le Conseil a également autorisé la signature d’une convention de partenariat entre la commune d’Abomey et celle de Ouidah. Cet accord de coopération intercommunale vise principalement le développement du tourisme, un secteur stratégique pour ces deux localités à forte valeur historique et culturelle. En mutualisant leurs atouts, Abomey et Ouidah entendent renforcer leur attractivité et promouvoir un circuit touristique intégré, susceptible de générer des retombées économiques significatives.
La session a aussi été marquée par une décision importante en matière de promotion du genre. Les conseillers ont donné leur accord pour l’adhésion de la commune d’Abomey à la Commission Genre et Égalité Femme-Homme de l’Association Internationale des Maires Francophones. À travers cette adhésion, la municipalité entend s’inscrire dans une démarche proactive en faveur de l’inclusion, de l’égalité des chances et de la prise en compte des questions de genre dans les politiques publiques locales.
Autre point majeur à l’ordre du jour : l’adoption du plan stratégique de mobilisation des ressources. Face aux contraintes budgétaires récurrentes, ce plan vise à diversifier les sources de financement de la commune et à améliorer le recouvrement des recettes locales. Il s’agit notamment de renforcer les mécanismes de collecte, de moderniser les outils de gestion et d’explorer de nouvelles opportunités de financement, y compris à travers des partenariats.
Dans le même esprit de réforme, les conseillers ont procédé à la révision et à l’harmonisation des tarifs d’inhumation, aussi bien à domicile que dans les cimetières d’Abomey. Cette décision, bien que sensible, répond à un souci d’équité et de clarté dans la tarification des services funéraires. Elle vise également à mettre fin aux disparités constatées et à garantir une meilleure organisation de ce secteur.
Au terme de ces deux jours de travaux, la première session ordinaire de la 5? mandature apparaît comme une étape fondatrice. Elle a permis de définir les orientations majeures de l’action communale et de poser les bases d’une gouvernance axée sur la rigueur, la coopération et l’innovation.
Pour le maire Franck Mètolé Kpassassi et son équipe, le défi est désormais de traduire ces décisions en actions concrètes au bénéfice des populations. Entre assainissement des finances, promotion du tourisme, inclusion sociale et modernisation de la gestion locale, la nouvelle mandature est attendue sur sa capacité à impulser un développement durable et harmonieux à la cité historique d’Abomey.
L’héritage des anciens pour tracer l’avenir
La gouvernance locale s’écrit aussi dans la mémoire et le dialogue. À Abomey, le maire Franck Mètolé Kpassassi a donné le ton de sa mandature en initiant une rencontre d’envergure avec ses prédécesseurs, jeudi dernier. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté affirmée de bâtir l’avenir de la cité historique en s’appuyant sur l’expérience du passé.
Selon l’autorité communale, cette journée est « historique ». Il a en effet bouclé une série d’échanges avec trois anciens maires d’Abomey : Kossi Antoine Djédou, Alain Fortunet Nouatin et Blaise Onésiphore Ahanhanzo Glèlè. Au-delà de la symbolique, ces concertations ont permis de poser les bases d’un dialogue intergénérationnel assumé.
A en croire le maire, ces échanges ont été « riches, francs et complémentaires ». Ils ont surtout contribué à affiner la compréhension des défis majeurs auxquels fait face la commune. Entre valorisation du patrimoine historique, développement économique et amélioration des conditions de vie des populations, les enjeux sont multiples pour cette cité emblématique du Bénin, berceau du royaume du Danxomè.
De ces discussions sont ressorties des orientations stratégiques fortes pour la mandature 2026-2033. Si les détails opérationnels ne sont pas encore dévoilés, une ligne directrice se dégage clairement : celle de la continuité dans l’action publique, conjuguée à une volonté d’innovation. « Continuité, écoute et dialogue intergénérationnel »: tels sont les piliers revendiqués par l’édile.
En choisissant d’associer ses prédécesseurs à la réflexion, Franck Mètolé Kpassassi prend le contrepied d'une certaine culture de rupture souvent observée dans la gestion des affaires publiques locales. Il privilégie plutôt une approche inclusive, fondée sur l’intelligence collective. Une option stratégique qui vise à capitaliser sur les acquis tout en corrigeant les insuffisances du passé.
« La sagesse des anciens est une boussole », affirme-t-il. Une formule qui traduit la place accordée à la mémoire institutionnelle dans la conduite des affaires communales. Pour le maire, cette démarche permet non seulement d’éviter les erreurs déjà commises, mais aussi de renforcer la pertinence des décisions actuelles.
Cette initiative intervient dans un contexte où les collectivités territoriales sont de plus en plus appelées à innover en matière de gouvernance. Face aux attentes croissantes des citoyens, les élus locaux doivent faire preuve de créativité, mais aussi de responsabilité. À Abomey, le choix est clairement fait de conjuguer héritage et modernité.
La « Cité des Houégbadjavi », entend ainsi affirmer une trajectoire ambitieuse. Une trajectoire qui repose sur une vision claire du développement, intégrant à la fois les dimensions culturelle, économique et sociale. La valorisation du patrimoine historique, notamment, apparaît comme un levier stratégique pour attirer les investissements et dynamiser le tourisme.
Mais au-delà des enjeux sectoriels, c’est une méthode de gouvernance qui se dessine. Une méthode basée sur l’écoute, le dialogue et la concertation. En impliquant les anciens maires, Franck Mètolé Kpassassi envoie un signal fort : celui d’une gestion apaisée et collaborative des affaires publiques.
Le maire Franck Kpassassi écoutant attentivement les conseillers communaux lors de la session