La Nation Bénin...
La mise en ligne du certificat de perte transfère sur la plateforme service-public.bj une formalité jusqu’ici traitée au guichet des commissariats. Une évolution qui combine simplification, contrôle et maintien d’un accueil physique, et dont les effets restent à évaluer.
Le certificat de perte occupe une place particulière parmi les formalités administratives. Il n’a pas de valeur en lui-même, mais il conditionne le remplacement d’autres documents : carte nationale d’identité, permis de conduire, actes d’état civil, diplômes. Toute personne qui égare l’une de ces pièces doit d’abord l’obtenir. Son passage en ligne, de la demande jusqu’à la délivrance, touche donc un public large.
Ce que la réforme modifie
Le changement porte d’abord sur le lieu et l’horaire de la démarche. Effectuée jusqu’ici dans les unités de la Police républicaine, aux heures d’accueil, elle peut désormais être accomplie en ligne à tout moment et depuis l’étranger. Les autorités mettent en avant la suppression des déplacements et de l’attente, un gain de temps pour les actifs et une baisse du coût de la démarche pour les usagers.
Le changement porte ensuite sur l’usage des déclarations. Enregistrées dans un fichier national consulté par la Police républicaine, celles-ci doivent servir à bloquer l’utilisation frauduleuse des documents perdus. La formalité administrative devient ainsi un outil de lutte contre l’usurpation d’identité.
Un double canal
Le service en ligne ne se substitue pas au guichet. Les demandes restent possibles dans toutes les unités de la Police républicaine, et une cellule d’appui accompagne les usagers. Ce choix reconnaît que l’accès à Internet et la maîtrise des outils numériques ne sont pas uniformes au niveau de la population, et évite que la dématérialisation ne pénalise ceux qui en sont éloignés.
Ce qu’il faudra observer
Plusieurs éléments permettront d’apprécier la portée du dispositif. Le volume des demandes traitées en ligne, comparé à celles qui continueront d’être déposées au commissariat, indiquera son adoption réelle. Le fonctionnement du fichier national, et notamment son effet sur les cas d’usurpation d’identité, seront un autre indicateur. Les conditions de conservation et de protection des données collectées feront également partie des points à suivre.
Pour l’usager, l’évolution est d’ores et déjà concrète : une démarche qui imposait un passage au commissariat peut désormais être engagée depuis un téléphone ou un ordinateur.