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Campagne présidentielle 2026: Ce que prévoit Paul Hounkpè pour le secteur agricole

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Pour Paul Hounkpè, l'agriculture béninoise doit répondre aux besoins alimentaires Pour Paul Hounkpè, l'agriculture béninoise doit répondre aux besoins alimentaires

Candidat à la présidentielle du 12 avril prochain, Paul Hounkpè place le secteur agricole au cœur de son projet de société. Conscient du rôle central de ce secteur dans l’économie nationale, il ambitionne d’améliorer ce qu’il appelle « l’efficacité agricole béninoise » tout en intégrant les enjeux environnementaux et climatiques. Son projet de société met en avant une transformation structurelle destinée à renforcer la productivité, garantir la sécurité alimentaire et créer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 03 avr. 2026 à 06h50 Durée 3 min.
#élection présidentielle d’avril 2026

L’Agriculture béninoise demeure le socle de l’économie nationale. Paul Hounkpè candidat à la présidentielle du 12 avril prochain, est porteur d’une vision pour ce secteur. Pour lui, l’agriculture béninoise doit répondre aux besoins alimentaires d’une population estimée à près de 14 millions d’habitants. Elle doit également devenir un levier d’attractivité pour les investisseurs, tout en favorisant l’emploi en milieu rural et urbain.

Cependant, le candidat du parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) dresse, de sa position, un tableau critique de l’évolution du secteur ces dernières années, et formule des propositions.

En effet, il estime que depuis 2016, l’agriculture béninoise s’est progressivement orientée vers une « monoculture » dominée par le coton. Cette situation a entraîné, selon lui, plusieurs situations dont la marginalisation des cultures vivrières, la baisse des productions diversifiées, le déficit de la balance commerciale et la réduction des opportunités d’emploi pour les jeunes.

Son diagnostic va plus loin, mettant en lumière plusieurs faiblesses qui freinent le développement agricole. Parmi celles-ci figurent notamment l’absence de modernisation des pratiques agricoles et la faible maîtrise de l’eau, pourtant essentielles à une production durable. Le candidat pointe du doigt l’inexploitation des bas-fonds agricoles, l’insécurité foncière qui décourage les investissements, ainsi que le manque de soutien aux cultures vivrières au profit du coton. À cela s’ajoutent, dit-il, une orientation jugée déséquilibrée des intrants agricoles, l’absence de dispositifs financiers adaptés comme les banques agricoles, et la gestion inefficace des fermes d’État.

D’autres problématiques sont soulevées par le candidat, notamment la faiblesse de la production halieutique, la sous-valorisation de la recherche agricole, la fixation unilatérale des prix des produits d’exportation, ainsi que la fermeture de certaines institutions comme l’Office national de sécurité alimentaire (Onasa) et les Centres d’action régionale pour le développement rural (Carder) devenus Agences territoriales de développement agricole (Atda).

Son diagnostic évoque également des défis liés à la transhumance, aux épidémies animales, à la gestion des semences, à la sécurité sanitaire des produits agricoles et aux difficultés de conservation des récoltes.

Réformes axées sur la modernisation et la diversification

Pour répondre à ces défis qu’il a identifiés, Paul Hounkpè propose dans son projet de société, une série de mesures visant à moderniser et diversifier le secteur agricole. Il préconise notamment la mécanisation des exploitations et le développement de systèmes de maîtrise de l’eau adaptés aux réalités locales.

L’aménagement des bas-fonds et la sécurisation foncière figurent également parmi ses priorités, afin d’encourager les investissements agricoles. Le candidat souhaite par ailleurs promouvoir les différentes filières en fonction des potentialités agroécologiques des sept zones du pays et garantir la disponibilité d’intrants adaptés à chacune d’elles.

Sur le plan financier, il propose la création de banques et de fonds d’investissement agricoles pour faciliter l’accès au crédit. Il entend également promouvoir les partenariats public-privé dans la gestion des fermes d’État.

Le programme de Paul Hounkpè accorde également une place importante à l’élevage et à la pêche. Il prévoit notamment la délimitation effective des couloirs de transhumance, le renforcement du contrôle sécuritaire de ces espaces, ainsi que l’intensification des campagnes de vaccination animale.

Pour le sous-secteur halieutique, le candidat propose la création de fermes aquacoles modernes pour accroître la production. Il insiste également sur la nécessité de renforcer la recherche agricole afin de développer des variétés plus performantes et à forte valeur ajoutée. Sur le plan institutionnel, Paul Hounkpè opte pour un mécanisme de fixation des prix des produits agricoles d’exportation impliquant les organisations de producteurs. Il prévoit également le rétablissement de l’Onasa.

Enfin, le candidat de la Fcbe met l’accent sur la conservation des produits agricoles, avec une implication accrue de l’État. Il souhaite notamment encadrer strictement les pratiques post-récolte, en interdisant le séchage des produits sur les voies publiques et en promouvant des méthodes de conservation plus sûres.