La Nation Bénin...
La première édition du Bénin Deal Room s’est ouverte ce mercredi 16 septembre à Cotonou avec une vingtaine de projets présélectionnés et un potentiel d’opportunités de financement estimé entre 2 et 3 milliards de dollars. La plateforme entend rapprocher porteurs de projets, investisseurs et institutions financières autour d’opérations susceptibles d’accélérer la transformation de l’économie béninoise.
Le Bénin veut franchir un nouveau cap dans la mobilisation des investissements privés. Lancé ce mercredi 16 septembre, le Bénin Deal Room 2026 se veut une plateforme de rencontres directes entre investisseurs, opérateurs économiques et porteurs de projets. Plus de vingt projets présélectionnés y sont présentés, avec des opportunités de financement annoncées dans une fourchette de 2 à 3 milliards de dollars. L’initiative est portée dans le prolongement d’une dynamique lancée à Abuja, au Nigeria, le 1er juillet dernier. L’objectif est de favoriser des échanges susceptibles de déboucher sur des partenariats et, à terme, sur des décisions d’investissement. La rencontre cible notamment les secteurs de l’agro-industrie, l’industrie, l’agriculture, les infrastructures, le Btp et l’énergie. Elle doit permettre aux promoteurs de présenter des projets structurés aux investisseurs et aux institutions susceptibles de les accompagner financièrement. Cécile Mambo, fondatrice et directrice générale de Cmd Tourism & Trade Enterprises, a insisté sur cette vocation de la plateforme. A l’en croire, le Deal Room doit être l’espace où « la vision rencontre le capital », en rapprochant les projets des décideurs et des partenaires financiers. Elle a indiqué que les vingt projets présentés ont fait l’objet d’un travail de structuration avec le concours de Pec Capital, afin de les rendre bancables. Arnauld Akakpo, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, a invité les investisseurs à considérer l’environnement entrepreneurial dans son ensemble. Au-delà d’une entreprise donnée, investir au Bénin revient également, pour lui, à s’inscrire dans un écosystème de fournisseurs, de sous-traitants, de distributeurs, d’emplois et de territoires. La Ccib entend ainsi jouer un rôle de facilitateur pour rapprocher investisseurs étrangers et partenaires locaux. Pour Eric Akoutè, directeur général de l’Agence de promotion des investissements et des exportations (APIEx), le rendez-vous de Cotonou constitue la phase centrale de la démarche. Celle de la rencontre directe entre les projets identifiés et les acteurs susceptibles de les financer. Il souligne que le succès du dispositif devra se mesurer moins au nombre de participants qu’aux diligences engagées, aux projets accompagnés et, in fine, aux investissements effectivement réalisés.
Cinq priorités pour l’investissement
Adin Yeton Bloukounon Goubalan, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a mis l’accent sur les conditions nécessaires à une accélération de l’investissement privé. Il en retient cinq dont l’énergie, les infrastructures, l’éducation, la santé ainsi que les technologies et l’innovation. Sur l’énergie, il estime que la disponibilité d’une électricité propre et à coût abordable constitue une condition de compétitivité pour les entreprises industrielles. Des efforts ont été réalisés, notamment au niveau de la zone industrielle de Glo-Djigbé, mais le renforcement des capacités reste nécessaire. Le ministre a également insisté sur les infrastructures et particulièrement sur les infrastructures rurales et les connexions de transport entre les pays ouest-africains. Il a relevé les difficultés d’acheminement de certaines productions agricoles béninoises vers les marchés régionaux, alors même que la demande existe dans plusieurs pays. Pour lui, le développement des routes et du rail doit contribuer à réduire ces obstacles logistiques. L’éducation et la santé figurent également parmi les secteurs appelés à attirer davantage de capitaux, notamment pour développer les compétences et faciliter l’accès aux technologies médicales de pointe. Le dernier axe concerne les technologies et l’innovation, dans un contexte où l’intelligence artificielle et les technologies de pointe prennent une place croissante dans les économies mondiales. Avec cette première édition, le Bénin veut ainsi transformer les opportunités identifiées en opérations concrètes. Les trois journées de rencontres doivent notamment favoriser les échanges directs entre investisseurs et promoteurs. Le gouvernement espère que ces discussions déboucheront sur des partenariats et des accords d’investissement, donnant une traduction concrète aux ambitions affichées par le Bénin Deal Room 2026.
La première édition du Bénin Deal Room autour des opportunités de financement du secteur privé