La Nation Bénin...
Finies les inondations et l’insalubrité dans certains quartiers de la capitale économique du Bénin. Les réalisations du Programme d’assainissement pluvial de Cotonou (Papc), initié par le gouvernement avec le financement de la Banque mondiale, ont permis de dessiner le nouveau visage de cette ville pour le bonheur de ses habitants.
Devant la cabine qui sert de lieu de travail à son épouse, opératrice de saisie, Charles Hogbonouto, natif de Sètovi, un quartier du 10e arrondissement de Cotonou, capitale économique du Bénin, apprécie les changements intervenus dans son cadre de vie et ne cache pas sa joie de continuer à y vivre. « Il n'était pas possible de faire la différence entre les saisons ici. Pour se rendre au service, c’était la croix et la bannière », confie ce conducteur de véhicule administratif, admiratif face à la métamorphose sous ses yeux. Tout aussi grand est son émerveillement quand il se rappelle le calvaire qu’il vivait : « Il y avait constamment de l'eau dans notre maison. Il fallait poser des briques dans l'eau pour aller d'un endroit à un autre de la concession. C'était bien difficile pour les enfants qui culbutaient par manque d’attention ou d’agilité ».
Jean Gamanvo, couturier, relève aussi l’état dans lequel était le quartier et l’impraticabilité des voies suite aux pluies. « C’était l’inondation totale. Il était difficile de circuler. En saison des pluies, la vie ralentissait au niveau du quartier », se souvient-il.
Rues pavées bien propres, lampadaires solaires alignés et des plants mis en terre le long des trottoirs. Le quartier Sètovi a retrouvé aujourd’hui sa superbe. Une mue que les habitants apprécient suite aux réalisations du Programme d’assainissement pluvial de Cotonou (Papc) dont l’objectif est de réduire de façon considérable la vulnérabilité de la ville de Cotonou face aux inondations et favoriser la réalisation d’infrastructures. Cette initiative du gouvernement avec le financement de la Banque mondiale, à travers les ouvrages réalisés, a permis la métamorphose de cette agglomération naguère insalubre et dont les rues étaient plongées dans l’obscurité à la tombée de la nuit.
Cadre de vie assaini
Témoin de la transformation de ce quartier populeux de Cotonou, Cossi Kiki, chef quartier de Sètovi, ne regrette pas son implication dans le Programme d’assainissement pluvial de Cotonou. Un projet dont l’élu local se dit fier des impacts bien qu’il ait entretemps perdu la vue.
« Ce que nous vivions ici, était horrible. Le quartier était un bas-fond complet. Qu’il pleuve ou pas, il y avait des voies qui gardaient de l'eau sur les 365 jours de l’année. Il était difficile d’y vivre et l’insécurité était aussi une préoccupation majeure puisque les rues n’étaient pas éclairées », témoigne Cossi Kiki. Les initiatives ou autres solutions précaires susceptibles de faciliter la vie aux habitants du quartier n’ont point connu de succès à l’époque, admet le chef quartier de Sètovi. Ni les ordures ni les gravats de chantier n’ont comblé les bas-fonds encore moins favorisé l’assèchement des eaux dans le quartier. Bien au contraire, ces initiatives auront eu leurs limites avec la pollution du cadre de vie et les odeurs fétides qui augmentaient le calvaire des habitants.
Les nouveaux ouvrages de drainage des eaux de ruissellement construits, dans le cadre du Papc, dans les quartiers Enagnon et Akpakpa-Dodomè dans le 4e arrondissement de Cotonou ; Setovi,Vêdoko, Zogbo, Midédji et Kouhounou dans le 10e arrondissement ont réduit de façon importante l’impact des inondations sur les populations.
Un mieux-être
La construction des bassins Y et Pa3 ainsi que d’ouvrages connexes dont des collecteurs, caniveaux et rues a quelque peu redessiné le visage de ces quartiers, impactant plus de 168 000 habitants de la capitale économique du Bénin.
« Avant le Papc, nous convenons tous que le 10e arrondissement de Cotonou était confronté aux affres cycliques des inondations comme la plupart des arrondissements de la ville. C'est donc un secret de polichinelle que cette situation impacte négativement le quotidien de toute la population avec ses conséquences sur leur santé », souligne Comlan Yves Christian Gnidokponou, chef du 10e arrondissement de Cotonou.
Les changements positifs qu’il note, suite à la mise en œuvre du projet, concernent les grandes réalisations en matière de routes pour une meilleure circulation des personnes et des biens et les bassins de rétention d'eau en vue de lutter efficacement contre les inondations. Toutes choses contribuant à un cadre de vie plus attrayant et plus sain pour le bonheur des populations, selon ses dires.
« Le Papc est un projet que nous devons saluer. C’est un sentiment de joie et de fierté pour nous au regard des réalisations qui impactent notre quotidien. Aujourd’hui, nous circulons librement et vaquons à nos activités dans la quiétude », confie Yacoubou Bawa, chef du quartier vèdoko, tout enjoué face au changement connu par les rues et tout le quartier qu’il administre.
Les affections diarrhéiques et respiratoires ainsi que le paludisme qui étaient le lot quotidien des populations ont vu leur taux se réduire au niveau des centres de santé.
« En 2022, nous avons enregistré un taux d’incidence du paludisme de 14,1 % comparé à celui du premier semestre de 2023 qui est de 12,9 %. Les affections diarrhéiques étaient à un taux de 9,7 % puis sont passées à 7,9 %. Ces chiffres sont le fruit des aménagements des zones inondées », défend Judith Assavedo, sage-femme responsable des soins obstétricaux de la zone sanitaire Cotonou VI.
Sur le plan économique, l’incidence est aussi grande au regard des boutiques et autres commerces qui ont ouvert leurs portes aux abords des nouvelles rues pavées.
« L’assainissement des rues donne la possibilité aux maisons d’avoir des boutiques au niveau de leur devanture. En plus de cela, il y a une bonne fréquentation des rues, ce qui est bénéfique pour l’activité économique », assure le chef quartier de Sètovi.
Une véritable embellie qui n’est pas sans faire le bonheur des propriétaires de boutiques aujourd’hui plus enclins à relever le coût de location des bâtiments construits à cet effet. Charles Hogbonouto note que disposer de boutique aux abords des rues nouvellement pavées revient relativement plus cher.
Des changements qualitatifs apportés dans la vie des populations qui appellent à un entretien des ouvrages érigés et à des comportements citoyens pour éviter leur dégradation.