La Nation Bénin...
Quelles seront les orientations et inclinaisons de la prochaine mandature au Parlement ? Au-delà des dévolutions de l’Assemblée nationale, il va sans dire que l’état d’esprit et la nature des débats qui y ont cours dépendent de sa composition. Il en va de même des postures et des querelles de chapelle.
Lors de ce qui s’est révélé être une master class politique pour la jeunesse, le président Talon laissait entendre qu’au Bénin, qu’importent les obédiences politiques : Du Bloc Républicain à l’Union progressiste le Renouveau, allant au parti Les démocrates, que peu de différence il y a à relever. Ils étaient idem, des oiseaux de même plumage ! Il ne croyait pas si bien dire, car il n’y a pas de lignes de démarcations majeures entre les formations politiques qui opèrent sur l’échiquier politique national. Et au-delà des postures du moment que les partis adoptent, fondamentalement, les lignes de démarcations idéologiques sont absentes. Et par la force des choses, la vision politique est dévolue à répondre aux impératifs liés au développement, aux réponses à apporter aux demandes sociales qui, dans le contexte béninois sont d’importance.
Cette réalité, bien présente, relevée par les soins du président Talon se traduit aujourd’hui par l’inclusion d’anciens députés de Les Démocrates dans les partis de la mouvance dont ils sont aujourd’hui des élus, suite aux dernières législatives. La greffe a pris, d’autant plus que les électeurs n’y ont trouvé aucun inconvénient et les ont plébiscités, fait d’eux leurs élus sans plus de protocole. Et ce, en dépit du changement de bannière. Plus encore épatant, il faut le souligner, ce sont les candidats restés sous la bannière de Les Démocrates qui ont mordu la poussière.
Ceci étant, cette évolution acte une recomposition de la sphère politique, témoignant du reste d’une maturité et d’un réalisme du jeu politique béninois. De fait, la nouvelle législature marque la fin de l’opposition de principe et signe également le requiem du temps de la contestation systématique et, il faut l’avouer, aveugle. Embrayant avec l’esprit de la nouvelle Constitution qui prône le principe de la responsabilité avec la création du Sénat et l’exhortation à une trêve politique au profit du développement, un certain radicalisme politique cède place à l’action constructive avec la greffe réussie des anciens opposants qui, on l’espère, ne perdront pas pour autant leur esprit critique. Sauf qu’il sera tout dévolu à la critique constructive. En somme, une diversité envisagée comme un atout, une force collective au service du développement. Ainsi, la responsabilité institutionnelle devient la nouvelle norme parlementaire, et un nouvel état d’esprit préfigurant de ce que les solutions dont le pays a besoin priment sur les postures, les querelles de chapelle. Autrement dit, et suivant les dévolutions des députés, contrôler l’action publique ne signifierait pas de bloquer l’action publique, et partant le développement. Certes, le contrôle parlementaire doit être toujours rigoureux, mais orienté vers l’amélioration de l’action publique car les députés sont attendus sur les résultats, non pas sur les querelles, a fortiori stériles. En accordant leurs suffrages et donc leur confiance aux nouveaux élus, le peuple béninois entend donner priorité aux réformes, aux solutions, et non pas à l’attentisme ou l’inaction. C’est en y faisant droit, que la mandature actuelle fera valoir sa crédibilité alliée à son impact concret sur la vie des citoyens. Et surtout, fera oublier sa coloration unitaire, soit-elle dans la diversité.
En accordant leur confiance aux nouveaux élus, le peuple béninois entend donner priorité aux réformes