La Nation Bénin...
La délégation des cinq députés béninois au Parlement panafricain, conduite par Edmond A. Agoua, a officiellement pris fonctions à Midrand, en Afrique du Sud, lundi 27 juillet dernier, à l'ouverture de la première session ordinaire de la 7? législature. La délégation entend porter la voix du Bénin sur les grandes questions qui façonnent l'avenir du continent.
Le Bénin est pleinement représenté au sein de la 7? législature du Parlement panafricain. A la faveur de la première session ordinaire de la nouvelle mandature, lundi dernier à Midrand, en Afrique du Sud, les cinq députés béninois désignés par l'Assemblée nationale ont prêté serment, officialisant ainsi leur entrée en fonctions au sein de l'institution parlementaire de l'Union africaine. La délégation béninoise est conduite par le député Edmond A. Agoua. Elle comprend également les députés Alimatou Badarou, Sanni Innocent Sabi Yo, Gladys
Eudoxie Tossou et Saré Malick Mora. Leur installation marque le début d'un nouveau mandat au sein d'une institution chargée de favoriser le dialogue politique entre les États africains, de promouvoir l'intégration continentale et de renforcer la coopération parlementaire.
En sa qualité de chef de délégation, Edmond A. Agoua aura pour mission de coordonner les activités des représentants béninois et de défendre les positions du pays lors des travaux du Parlement panafricain. Avec les autres membres de la délégation, il participera aux sessions plénières ainsi qu'aux travaux des différentes commissions permanentes. Les parlementaires béninois sont aussi appelés à contribuer aux réflexions et aux recommandations sur plusieurs enjeux majeurs pour le continent. Les débats porteront notamment sur la gouvernance démocratique, la consolidation de la paix et de la sécurité, le renforcement de l'intégration régionale, le développement durable ainsi que la mise en œuvre de l'Agenda 2063 de l'Union africaine, feuille de route stratégique pour le développement de l'Afrique.
Cette nouvelle mandature constitue une opportunité pour le Bénin de renforcer sa présence au sein des instances parlementaires africaines et de participer à l'élaboration de positions communes sur les défis politiques, économiques et sociaux auxquels le continent est confronté. À travers cette représentation, le pays confirme son engagement en faveur du dialogue entre les nations africaines, de la solidarité continentale et d'une intégration régionale plus poussée, dans le cadre des objectifs poursuivis par l'Union africaine.
Réformes et résultats au cœur de la gouvernance
À l'ouverture des travaux de la session ordinaire, Fateh Boutbig, président du Parlement panafricain, a présenté les grandes orientations qui guideront le mandat des parlementaires africains. Parmi les axes de gouvernance dévoilés figurent des réformes institutionnelles, l’intégration économique, la diplomatie parlementaire et la transformation numérique. Ils visent à renforcer le rôle de l'institution au service des citoyens africains. La 7? législature du Parlement panafricain s'est ouverte sous le signe de l'ambition et du renouveau. Fateh Boutbig a invité les parlementaires à engager une nouvelle dynamique fondée sur l'efficacité, la responsabilité et l'obtention de résultats concrets, afin de faire du Parlement un acteur majeur de l'intégration africaine et de la mise en œuvre de l'Agenda 2063 de l'Union africaine. « Nos peuples n'attendent pas de la rhétorique mais un engagement sincère qui se traduit par des résultats palpables », a-t-il déclaré, insistant ainsi sur la nécessité de répondre aux attentes des populations africaines. Pour lui, cette nouvelle mandature constitue bien plus qu'une simple reprise des activités parlementaires.
« Nous n'entamons pas seulement une nouvelle session, mais une nouvelle législature avec laquelle nous renouvelons notre responsabilité collective », a-t-il affirmé, rappelant que le Parlement panafricain doit davantage s'imposer comme « la voix des peuples du continent » et un partenaire stratégique de l'Union africaine.
Fateh Boutbig a en outre plaidé pour une transformation profonde de l'institution afin qu'elle produise des effets concrets sur la vie des citoyens africains.
« Il est grand temps que notre Parlement passe de l'étape des aspirations à celle des acquis », a-t-il lancé, appelant les élus à privilégier les solutions aux défis du continent plutôt que les débats sans lendemain. Le président du Parlement panafricain a également défendu la vision d'une institution moderne reposant sur des principes de bonne gouvernance et d'efficacité. Selon lui, « l'Afrique a besoin d'un Parlement moderne, fondé sur l'innovation, la compétence, la bonne gouvernance, la transparence, la reddition de comptes et une diplomatie parlementaire efficace ». Pour concrétiser cette ambition, il a présenté une feuille de route articulée autour de quatre priorités majeures. Le premier axe vise à renforcer l'efficacité du Parlement panafricain. Il prévoit la poursuite des réformes institutionnelles, la révision du règlement intérieur, l'amélioration de la gouvernance interne ainsi qu'un rôle accru des commissions permanentes dans l'élaboration des initiatives législatives et le suivi des politiques continentales. La deuxième priorité concerne l'intégration économique de l'Afrique. À ce sujet, Fateh Boutbig a mis en avant le potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), estimant qu'elle « n'est pas une simple convention économique, mais un projet civilisationnel et stratégique ». Il a appelé les États membres à harmoniser leurs législations, à supprimer les obstacles aux échanges commerciaux et à faciliter la libre circulation des personnes, des biens et des investissements afin d'accélérer la réalisation des objectifs de l'Agenda 2063. Le troisième pilier porte sur la diplomatie parlementaire. Réaffirmant son attachement aux principes du droit international et au règlement pacifique des différends, le président du Parlement panafricain a rappelé que « le Parlement panafricain n'est pas qu'une simple institution de débat, mais une voix africaine défendant la justice, le droit international et les droits des peuples ». Il a renouvelé le soutien de l'institution aux processus de décolonisation et encouragé le recours à des solutions africaines pour résoudre les crises qui affectent le continent. La transformation numérique constitue le quatrième axe de cette nouvelle mandature. Pour Fateh Boutbig, les enjeux technologiques sont désormais indissociables de la souveraineté des États africains. « La souveraineté numérique n'est plus une question technique mais une pierre angulaire de la souveraineté nationale et continentale », a-t-il soutenu.
Fateh Boutbig et Edmond Agoua (à droite)