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7e réunion ministérielle du Peaa à Cotonou: L’Afrique atlantique passe de la vision à l’action

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Une nouvelle étape dans la consolidation d’un partenariat africain Une nouvelle étape dans la consolidation d’un partenariat africain

Les Etats africains riverains de l’Atlantique veulent désormais faire de leur façade maritime un véritable moteur de développement. Réunis ce lundi 13 juillet à Cotonou dans le cadre de la septième réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (Peaa), les représentants, experts et points focaux des 23 États membres entendent franchir une nouvelle étape en adoptant la Déclaration de Cotonou et une feuille de route destinée à accélérer la coopération dans l’espace atlantique africain.

 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 14 juil. 2026 à 07h43 Durée 3 min.
#Peaa

Créé en juin 2022 à Rabat, à l’initiative de sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc, le Processus des États africains atlantiques (Peaa) ambitionne de transformer l’océan Atlantique en un espace de paix, de sécurité, de développement durable, d’intégration régionale et de prospérité partagée. Après plusieurs années consacrées à la définition d’une vision commune, le processus entre désormais dans une phase opérationnelle et Cotonou en sera un témoin majeur. C’est en effet la ville qui accueille la septième réunion ministérielle du Peaa dont les travaux ont eu lieu ce lundi 13 juillet.

À l’ouverture des travaux, l’ambassadeur Mohamed Methqal, directeur général de l’Agence marocaine de coopération internationale (Amci) a insisté sur le changement de cap qui s’impose dorénavant à l’organisation. « Il ne s’agit plus de définir une vision, mais de la mettre en œuvre. Il ne s’agit plus de poser des principes, mais de les traduire en actions concrètes », a-t-il déclaré. La Déclaration de Cotonou, annonçait-il déjà, marque le passage des intentions aux engagements opérationnels. Selon lui, les travaux s’articulent autour de trois priorités désormais indissociables que sont le renforcement de la sécurité maritime, le développement de corridors logistiques verts et la promotion d’une transition énergétique durable. Pour le diplomate marocain, les bouleversements géopolitiques actuels rappellent l’importance stratégique de l’espace afro-atlantique. Il a évoqué les perturbations récentes du commerce maritime mondial, qui ont entraîné une forte baisse du trafic pétrolier, une flambée des prix de l’énergie et de graves tensions sur les chaînes d’approvisionnement internationales, affectant directement les économies africaines. Face à ces défis, Mohamed Methqal estime que les pays africains atlantiques doivent désormais devenir des acteurs de la gouvernance maritime internationale. « L’Afrique atlantique ne peut rester spectatrice des crises qui affectent les routes maritimes dont dépend sa sécurité économique », défend-il.

La sécurité maritime constitue le premier chantier qu’il évoque. Le Peaa prévoit à cet effet, de renforcer les échanges de renseignements, la coopération entre les États et les capacités de lutte contre la piraterie, les trafics illicites, la criminalité transnationale et les cybermenaces visant les infrastructures portuaires. Puis, il annonce l’organisation, en septembre prochain, d’une session de renforcement des capacités consacrée à la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Le deuxième axe concerne les corridors logistiques verts. Les États membres veulent développer des infrastructures portuaires modernes, interconnectées et respectueuses de l’environnement afin de mieux intégrer l’Afrique aux chaînes de valeur mondiales. Mohamed Methqal a rappelé que le continent ne représente que 5 % des capacités portuaires mondiales alors qu’il abrite près de 17 % de la population de la planète. Il a également mis en avant les initiatives marocaines, notamment le futur port de Dakhla Atlantique et le projet visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à la façade atlantique. La transition énergétique durable constitue enfin le troisième pilier. Les États souhaitent renforcer les investissements dans les énergies renouvelables, les énergies marines et les infrastructures à faible émission de carbone afin de répondre aux défis climatiques tout en stimulant la croissance économique.

Le Bénin appelle à une coopération pragmatique

Ouvrant officiellement la réunion, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a salué la vision du Roi Mohammed VI ainsi que l’engagement constant du Royaume du Maroc dans l’animation du Processus. Elle a rappelé que le Peaa constitue aujourd’hui un cadre inédit de coopération réunissant les différentes régions du continent, du Maroc à l’Afrique du Sud, tout en intégrant les pays de l’hinterland grâce aux corridors reliant les ports aux territoires de l’intérieur. Pour elle, le développement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) renforce encore davantage la pertinence du Processus. « L’intégration suppose des routes commerciales sûres, des ports performants, des corridors fluides et des infrastructures durables », a-t-elle souligné par ailleurs. La cheffe de la diplomatie béninoise a aussi indiqué que son pays entend pleinement jouer sa partition. Pays côtier du golfe de Guinée et porte d’entrée vers l’hinterland, il poursuit la modernisation du Port autonome de Cotonou, renforce la coordination de l’action de l’État en mer et accélère la digitalisation de sa plateforme logistique, rappelle-t-elle. Au-delà du simple transit, le pays ambitionne de faire de ses infrastructures des outils au service de la production, de la transformation locale et de la création de valeur.

Les participants à cette réunion sont attendus au terme de leurs travaux sur l’adoption de la Déclaration de Cotonou et d’une feuille de route chargée d’assurer la mise en œuvre effective des décisions prises. Pour les États membres, l’enjeu est désormais de transformer la façade atlantique africaine en un espace de coopération concrète capable de renforcer la sécurité maritime, d’accélérer l’intégration économique, de soutenir la transition énergétique et de faire émerger une prospérité durable au bénéfice des populations du continent. La rencontre de Cotonou marque ainsi une nouvelle étape dans la consolidation d’un partenariat africain qui entend faire de l’Atlantique un puissant levier de développement et d’intégration régionale.

Des chiffres à retenir !

Le potentiel de l’espace atlantique africain s’appuie sur des chiffres éloquents. Aujourd’hui, 90 % du commerce mondial transite par voie maritime, représentant plus de douze milliards de tonnes de marchandises pour une valeur annuelle estimée à 18000 milliards de dollars. Pourtant, l’Afrique ne dispose que de 5 % des capacités portuaires mondiales, alors qu’elle concentre 17 % de la population mondiale. Le continent, qui n’émet que moins de 4 % des gaz à effet de serre, possède un immense potentiel énergétique avec 11000 Gw de capacité solaire, 1400 Gw d’éolien et plus de 350 Gw d’hydroélectricité. Malgré ces atouts, il ne capte que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables. Selon les responsables du Peaa, une augmentation de seulement 5 % de la part de l’Afrique dans le commerce maritime mondial pourrait générer près de 900 milliards de dollars supplémentaires pour les économies africaines. Ces données illustrent l’importance stratégique des décisions attendues de la Déclaration de Cotonou¦ J.F.M.